Archives Mensuelles: septembre 2012

Petits arrangement avec le mariage – Moni Mohsin

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Quatrième de couverture :

Elle est riche, pakistanaise et arbore des pieds à la tête les dernières créations des plus grands stylistes. Lorsqu’elle ne se pavane pas dans les rues de Lahore pour son shopping, elle papillonne d’un cocktail à l’autre – malheureusement de plus en plus rares en raison du contexte social – où elle traîne son rabat-joie de mari, diplômé d’Oxford, et son fils qui menace de devenir comme son père… Jusqu’au jour où notre héroïne doit jouer les marieuses. Sa tante lui a demandé de l’aider à dénicher l’épouse idéale pour son fils Jonkers, fraîchement divorcé de sa femme, une secrétaire aux mœurs douteuses. Elle se met donc en quête de l’épouse parfaite : une jeune fille belle, gentille, obéissante et riche bien sûr ! Car si elle a une certitude, c’est bien que la fortune fait le bonheur. Mais pas si sûr que l’intéressé partage son point de vue sur la question…
Ce livre est un livre de chick-lit… Mais de la chick-lit paskitanaise. Et donc franchement étrange. Il s’agit d’une sorte de journal intime, écrit à la première personne, par une bourgeoise pakistanaise. L’auteur a pris son parti de la laisser parler avec ses propres mots mais surtout ses propres erreurs de mot, comme par exemple, dire polaroïd au lieu de paranoïaque… Et j’avoue que pendant un bon moment, je me suis vraiment demandé ce qu’avait foutu le ou la traducteur (trice). Cela rend ce roman parfois très compliqué à lire. Peut-être qu’en anglais, ce genre de jeux de mots et d’erreurs passent beaucoup mieux, un peu comme lorsqu’on voit quelqu’un qui ne parle pas correctement le français et qu’on cherche à le traduire mot à mot.

Le personnage principal est donc une bourgeoise de Lahore, issue d’une bonne famille. C’est une femme superficielle, vantarde et qui m’a franchement agacée durant tout ce roman. Elle n’a pas fait de grandes études (ce que tend à prouver ses erreurs de langages dont j’ai parlé plus haut), ne se rend absolument pas compte des problèmes que rencontre son pays ou plutôt ignore les problèmes. Cela m’a fait penser à Marie-Antoinette qui aurait répondu : ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche !

Mais en fait, la vraie qualité de ce roman est justement de décrire à merveille, sous un angle différent de celui que l’on connait habituellement, la société pakistanaise. Ce roman aborde aussi cette nouvelle évolution, à savoir le clivage entre la tradition et les nouveautés apportées par le monde occidental… Et à travers les péripéties plutôt classique pour un roman de chick-lit, l’auteur esquisse cette société. Et en cela, c’est bien amené : le personnage se plaint souvent de sa crainte d’aller faire du shopping, de peur de croiser un poseur de bombes par exemple.

En somme, ce roman a beaucoup de défauts mais il m’a quand même bien plu. Je n’en ferai pas un coup de coeur mais j’ai passé un bon moment en le lisant malgré tout !

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Google démocratie – David Angevin & Alexandre Laurent

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Quatrième de couverture :

2018. L’Europe, pénalisée par ses lois bioéthiques, est ruinée par une crise économique sans précédent. L’État providence est en faillite. Aux États-Unis et en Chine, la croissance est boostée par la science, qui enfonce toutes les barrières morales. Les femmes programment l’ADN de leurs futurs bébés, la génétique rend l’immortalité possible, l’humain 2.0 est sur des rails… Tout commence le jour où, à grand renfort de théâtralisation médiatique, le fondateur de Google annonce l’avènement proche de la « singularité » : l’Intelligence Artificielle a tant appris de nous qu’elle devient sensible! Sensible au point de prendre en charge notre bonheur ? Google Démocratie nous plonge dans un futur proche, théâtre d’une guerre d’influence décisive pour l’avenir de l’humanité. Google a un plan. Et les moyens de le mettre en œuvre. Sa domination ne fait que commencer…

Voici un livre dont le sujet m’a franchement captivée. Commençons tout d’abord par les choses déplaisantes ou un peu moins plaisantes : l’écriture est parfois un peu lourde ou simpliste mais cela se lit bien et ce n’est franchement pas la pire chose que j’ai jamais lu !  Et dernière critique : les réseaux sociaux sont franchement ignorés dans ce livre, ce qui je pense est dommage, au vu de l’importance qu’ils ont pris dans notre société actuelle.

Ce roman est un roman d’anticipation, situé dans un futur très proche, à savoir en 2018. Nous y retrouvons ainsi des figures de notre époques et des références très marquées à ce qui se passe actuellement, que ce soit l’importance prise par google, le développement de la biologie ou la crise financière actuelle… Dans ce roman, à chaque page ou presque, on se dit que c’est peut-être bien possible, un peu trop tôt mais avec un vrai fond de vérité…

La politique ne se sépare plus en droite et gauche mais en bio-conservateurs et trans-humanistes ; le monde se sépare toujours entre riches et pauvres mais la richesse a changé de camps. L’Europe est mourante, la Chine est devenue la superpuissance qu’elle tend à devenir aujourd’hui et les États-Unis est l’autre superpuissance. Pour être honnête, plus que l’histoire en elle-même, c’est vraiment le monde décrit par les auteurs qui m’a plu. Les auteurs ont vraiment su décrire avec talent ce monde très particulier et à la limite flippant. L’histoire en elle-même s’apparente à un thriller mais elle n’est vraiment qu’accessoire…

Franchement, je vous recommande ce livre !

La bonne étoile – Esther Freud

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Quatrième de couverture :

Dès leur entrée au cours de théâtre le plus prestigieux de Londres, les élèves sont fixés : ils paieront très cher leur intégration à l’élite de la scène. Car au Drama Arts, on n’apprend pas seulement à jouer la comédie, on apprend à devenir un Acteur, à Etre…
Nell, trop ronde et peu sure d’elle, se demande si elle jouera jamais autre chose que les servantes, et sait qu’elle ne peut rivaliser avec toutes ces jolies filles aux longues jambes qui ne doutent de rien, comme la très douée et sublime Charlie. L’ambitieux Dan n’a qu’une chose en tête : jouer Hamlet, et séduire Jemma la rebelle… Dès leur sortie de l’école et durant les années suivantes, ces jeunes acteurs vont être confrontés à l’univers destructeur des auditions absurdes, des agents injoignables, des caravanes miteuses, des premières tape-à-l’oeil, derrière lequel se cachent (mal) la misère et la solitude extrême du quotidien.
Nul mieux qu’Esther Freud, ex-actrice et femme d’acteur, pouvait peindre avec autant d’empathie ce monde impitoyable, entre enfer et paradis.

Ce roman avait d’excellentes critiques, donc je me suis lancée, bien qu’au départ, une histoire qui se passe dans le cinéma, c’est pas forcément ce qui m’attire le plus. Enfin, je me suis néanmoins lancée. Cette histoire est écrite par une ex-actrice et femme d’acteur qui dépeint effectivement un monde totalement inconnu pour moi, à savoir celui des acteurs. L’auteur a d’ailleurs un vrai don pour dépeindre les personnages : ces derniers sont vivants et nous pénétrons assez dans leur intimité pour les comprendre. On suit leurs pérégrinations, en 3 grandes époques, qui se succèdent, à savoir 1992-1994, 1995-2000 et 2003-2006.

Il faut reconnaitre que la succession de personnages et d’époques rend ce roman très vivant, très facile à lire.  Nous suivons un bon nombre de personnages, tous différents mais tous animés par ce même désir de devenir acteur. On les voit rire, pleurer, on suit leur déboire, leur succès… Mais nous rencontrons énormément de clichés ou de facilités dans ce roman. Pas vraiment grand chose de surprenant en fait.Et  au final, je me suis ennuyée. Parce que sous la couche de paillettes, c’était fade et sans âme.
En somme, je pense que je suis un mauvais public pour les critiques littéraires !

L’appel de l’ange – Guillaume Musso

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Quatrième de couverture :

New York. Aéroport Kennedy. Dans la salle d’embarquement bondée, un homme et une femme se télescopent. Dispute anodine, et chacun reprend sa route. Madeline et Jonathan ne s’étaient jamais rencontrés, ils n’auraient jamais dû se revoir. Mais en ramassant leurs affaires, ils ont échangé leurs téléphones portables. Lorsqu’ils s’aperçoivent de leur méprise, ils sont séparés par 10 000 kilomètres : elle est fleuriste à Paris, il tient un restaurant à San Francisco. Cédant à la curiosité, chacun explore le contenu du téléphone de l’autre. Une double indiscrétion et une révélation : leurs vies sont liées par un secret qu’ils pensaient enterré à jamais…

J’avoue, je plaide coupable et je l’avoue haut et fort… J’avais un affreux apriori sur Musso et je pensais sincèrement que ce bouquin allait être chiant et gnan gnan. Mais au final, pas tant que cela !
Soyons clair, il s’agit bien ici d’un roman d’amour mais pas uniquement. Il y a une sorte de course poursuite, une véritable intrigue en dehors de l’histoire d’amour. Au départ, avouons-le, l’histoire est relativement simpliste et ça n’augurait rien de bon. Un humour un peu facile, une histoire dont on voyait venir à grand pas le dénouement et l’intrigue, en gros, un début franchement proche d’un roman Arlequin. Et Musso se réveille ! Cette histoire d’amour se transforme peu à peu en un thriller, non pas exaltant, mais franchement prenant, en somme suffisamment d’intrigue pour que l’on tourne les pages rapidement pour connaître l’histoire. Musso, en outre, a réussi à me faire apprécier les personnages et la façon dont il les décrit. Les personnages sont bien campés et assez attachants. En somme, une bonne surprise.

Bon après, il ne s’agit pas ici de grande littérature, mais d’un auteur écrivant correctement, de façon agréable, sans être trop simpliste. Donc, j’avoue, cela m’a un peu fait changer d’avis sur Musso et je relierai certainement un de ses romans, simplement histoire de voir si tous ses romans sont aussi agréables. Sans être un coup de coeur, j’ai apprécié ce roman.

@assassins.net – Christian Grenier

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Quatrième de couverture :

Logicielle a accepté une enquête délirante : évoluer dans l’univers virtuel d’un jeu fabuleux pour y découvrir le meurtrier de… Cyrano de Bergerac ! Mais bientôt sa mission dérape. Les cadavres encombrent le réseau tandis qu’elle surfe en eaux de plus en plus troubles. Aucun doute, des assassins rôdent sur le Net !

J’ai beaucoup apprécié ce petit policier déjanté. L’histoire nous plonge, à travers un jeux vidéo dans le monde de Cyrano de Bergerac. L’auteur excelle pour nous faire passer d’un monde à l’autre, sans fausse note.

Parfois, l’écriture est un peu simpliste mais cela n’est pas si dérangeant. L’histoire se déroule sous nos yeux, sautant du monde réel vers un monde virtuel, nous faisant passer dans un roman de cape et d’épée rondement mené. En somme, un très bon moment.

Jésus m’aime – David Safier

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Quatrième de couverture :

Marie est abonnée aux échec sentimentaux. Alors qu’elle vient de saboter son premier mariage, elle rencontre un charpentier plein de qualités. Doux, sensible et généreux, Joshua a tout de l’homme idéal. A un détail près: il lui déclare être Jésus. Marie pense tout d’abord avoir une fois de plus affaire à un tordu. Mais il n’est pas donné à tout le monde de marcher sur l’eau…

Etrangement, j’ai beaucoup de mal à donner mon avis sur ce livre. J’ai aimé, le sujet était franchement drôle et le tout est bien enlevé mais j’ai encore une fois un peu de mal à expliquer pourquoi ce livre qui me plait bien n’est pas un livre qui rentre dans ma catégorie « coup de coeur »…

Pourtant, il y a franchement ici de quoi plaire aux plus anticléricaux tant le sujet peut sembler peu orthodoxe (Pardon pour ce trait d’humour on ne peut plus douteux)… Imaginons une jeune fille qui laisse tomber son amoureux au pied de l’autel, qui s’adresse à dieu comme elle parlerait à un bon copain, qui passe son temps à lui demander des faveurs et qui tombe nez à nez avec Jésus et qui s’amourache de lui… Sans oublier un livre où Satan se grime en Georges Clooney et où tout semble complètement déjanté… Déjanté mais pas assez… Tous les ingrédients sont là pourtant pour faire une soupe franchement bonne mais là, on stagne un peu. L’histoire prend des longueurs et au final ce n’est pas aussi amusant que cela pourrait être. A chaque fois, j’ai eu l’impression que l’auteur avait frôlé l’éclat de génie mais qu’il l’avait simplement frôlé sans vraiment le toucher…

Bon après, je ne vais pas être aussi négative que cela. J’ai passé un bon moment mais ce livre, bien que très bien, m’a laissé un léger goût de : ça manque de sel ou d’épices… Les personnages sont bien campés, assez vivants bien que manquant parfois de profondeur réelle. L’écriture quant à elle est facile à lire, abordable pour tous, sans vulgarité ni faute de goût. Mais, mais, mais… Revoilà le mais… Je m’attendais à mieux de ce livre au fur et à mesure que je tournais les pages. En résumé, à lire si vous le croisez.

 

Mes chères études – Laura D

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Quatrième de couverture :

Laura est étudiante en première année à l’université. Elle est issue d’un milieu modeste. Consciente des difficultés financières familiales, elle entend se débrouiller toute seule. Mais sa précarité grandissante finit par hypothéquer sérieusement la poursuite de ses études. Déterminée à réussir, elle cumule les petits boulots avant de s’apercevoir assez vite qu’activité rémunérée et études ne sont pas facilement conciliables. Un soir, alors qu’elle surfe sur Internet, elle découvre un type d’annonces particulier, classées sous la catégorie rencontres vénales. Piquée de curiosité et poussée par le besoin urgent d’argent, elle répond à une offre d’un homme qui cherche une masseuse. En un clic sa vie bascule dans le monde de la relation sexuelle tarifée et de ses clients toujours plus nombreux.L’image de l’étudiant bohême peut cacher une réalité moins romanesque. La paupérisation grandissante des étudiants (225 000 peineraient à financer leurs études) leur impose des choix parfois lourds de conséquences. Le témoignage inédit de Laura dévoile ici les limites de leur débrouillardise et l’ampleur d’un phénomène encore méconnu : l’escorting. Cette nouvelle forme de prostitution occasionnelle de jeunes étudiantes en quête d’argent rapide concernerait entre 20 000 et 40 000 d’entre elles.

J’avoue être mitigée par ce livre : autant où le sujet est grave, autant où j’avoue ne pas avoir eu beaucoup d’empathie pour Laura. Je pense que cela vient de la façon dont l’auteur s’exprime : c’est cru et parfois vulgaire. Je pense que c’est cela qui m’a gêné. Les émotions de Laura sont également un peu trop survolées, ce qui empêche justement de ressentir beaucoup d’empathie pour Laura. Bien sûr, on sent que cela n’est pas anodin, qu’elle en souffre mais c’est parfois trop rapide pour que l’on comprenne bien. Les scènes avec les clients sont décrites de façon crues, avec parfois un peu trop de détails. J’aurai préféré plus de détails sur son ressenti, sur comment elle se sent plutôt que les descriptions crues de ses rencontres tarifées…

Mais il s’agit avant tout d’un témoignage sur une réalité de notre société et finalement, la façon dont cela est écrit a peu ou pas d’importance. Il s’agit d’une histoire vraie et c’est sûrement très dur pour Laura de raconter son histoire et d’étaler au grand jour ses sentiments. D’expliquer comment une étudiante, volontaire et obstinée, travailleuse peut en arriver à vendre son corps pour se nourrir et payer ses factures ? Sa réalité est malheureusement la réalité de trop nombreuses étudiantes, plongeant dans la prostitution pour éviter d’aller aux restaurants du coeur, pour pouvoir payer leur loyer, pour pouvoir s’offrir leur livre de cours, pour pouvoir s’offrir un café ou tout simplement à manger. Difficile de ne pas être révoltée par cet état de fait…