Archives Mensuelles: octobre 2012

Clara et la pénombre – José Carlos Somoza

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Quatrième de couverture :

2006. Dans ce futur dangereusement proche, la représentation des corps ne fait plus recette au sein du marché de l’art, qui cote désormais des toiles humaines. Signées par de grands maîtres, elles sont louées, vendues, manipulées, livrées à tous les regards, à tous les fantasmes. Clara est modèle. Elle rêve d’être peinte par le dieu de l’art hyperdramatique : Bruno Van Tysch. Mais, tandis que la jeune toile est apprêtée dans un pavillon isolé des abords d’Amsterdam, la Fondation Van Tysch est en émoi. Une œuvre de grande valeur a été dérobée et détruite par un mystérieux meurtrier qui officie suivant des rites affreusement artistiques. A la manière de Rembrandt, José Carlos Somoza dépeint de violents clairs obscurs : les déviances de l’art font écho aux dérives de nos sociétés et conduisent chacun à mesurer le prix du beau à l’aune de la valeur du vivant.

J’ai adoré ce roman ! ! Un véritable coup de cœur, à la fois pour le sujet et la façon dont l’auteur l’a traité. Un roman d’anticipation construit comme un thriller haletant, dans un monde futuriste mais tellement proche et crédible qu’il en fait froid le dos.

Aucune fausse note dans ce roman : l’écriture est fluide, les mots sont précis et créent une ambiance bien particulière. L’auteur sait à merveille nous faire passer d’un personnage à l’autre, attachants autant qu’il est possible de l’être pour certains, suffisamment creusés et pleins de profondeur. Rien n’est vraiment binaire dans ses personnages : ils sont complexes, tissés par leur propre histoire et leur propre envie.

Quant à l’histoire en elle-même, elle est captivante, aucun ennui, aucun temps morts. Nous passons d’un personnage à l’autre, d’un moment à l’autre pour aboutir à une fin en apothéose, heure par heure, minute après minute. Mais l’histoire policière est une surtout  un prétexte pour dérouler le monde si étrange crée par Somoza : les oeuvres d’art ne sont plus des toiles de maitres mais des être humains déshumanisées… Le mobilier peut même se transformer en mobilier humain (comme l’illustration trouvée sur internet..).Ce livre est construit comme un tableau, peuplé de clair-obscur, de lumière vive. Chaque mot est aussi précise qu’une touche d’un Van Gogh ou d’un Monet.

Ce monde crée par Somoza fait froid dans le dos et pose vraiment les questions de l’art moderne et des limites que l’on peut franchir sous prétexte d’art. Jusqu’où peut-on aller sous prétexte d’art ? Que sommes-nous autorisés à faire et est-ce qu’un artiste doit TOUJOURS vouloir sortir de ces limites ? Y-a-t’il des limites dans l’art ? J’avoue avoir été captivée par les tableaux humains décrits par Somoza et que j’aimerai voir à quoi ils ressemblent « en vrai », hors de mon imagination… J’aimerai également pouvoir m’assoir sur une chaise « humaine » pour ressentir cette nouvelle sensation… Mais au delà de l’art en lui-même, ce livre me fait me poser une autre question :  jusqu’où peut-on aller avec l’être humain lui-même ? Quelles sont les limites ? Peut-on tout faire ? Tout acheter ? Tout imaginer ? Ou est-ce qu’il y a des limites que nous ne serons jamais prêts à franchir ?

En tout cas, aucune hésitation : Clara et la pénombre est un vrai coup de coeur à lire sans hésitation aucune !

Jennifer Strange – Jasper Fforde

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Quatrième de couverture :

Moi, Jennifer Strange, Dernière Tueuse De Dragons : Depuis que Jennifer Strange, 15 ans, a été choisie pour tuer le dernier dragon, elle est la personnalité la plus célèbre de tout le pays.
Armée de son épée Exhorbitus, elle décide d’aller d’abord discuter avec la créature mythique.
Car les raisons de sa mission sont bien moins nobles qu’elle ne le pensait…

Jennifer Strange, dresseuse de quarkons : Grâce à Jennifer Strange, les magiciens ont récupéré leurs pouvoirs dans le royaume. La mauvaise nouvelle, c’est que l’agence de magiciens Kazam dont s’occupe Jennifer a désormais une terrible concurrente, la société iMagie. Elle est dirigée par le très antipathique Blix. Ce dernier n’hésite pas à employer tous les moyens pour l’emporter, y compris faire emprisonner sous des prétextes fallacieux les magiciens de Kazam, grâce à la complicité du roi Snodd et de son conseiller.
Jennifer et ses amis, le Prince Nasil, Kevil Zipp ou Grizz Crevettes, devront déployer des trésors d’ingéniosité pour lutter contre Blix. Et la soudaine apparition d’un nouveau quarkon menace la ville…

Lorsque j’ai découvert cette série, j’avoue avoir sauté dessus : du Jasper Fforde ! Le même que la série des Thursday Next ! Et pourtant…

Mais il s’agit ici d’une série « jeunesse » et cela se ressent donc : l’écriture est toujours fine et agréable mais l’humour est beaucoup moins développé que dans la série des Thursday Next. Je n’aime pas en général comparé les livres mais c’est presque impossible de ne pas le faire ici : en effet, c’est bien parce que j’avais adoré la série des Thursday Next que je me suis plongée dans celui-là et donc, forcément, j’avais énormément d’attentes et d’espoirs vis à vis de cette série… D’où ma déception ! Parce que le coup de coeur n’y était pas…

Néanmoins, l’auteur garde toutes ses qualités : le monde dépeint ici est complètement imaginaire, très proche encore une fois de notre propre monde mais avec énormément de nuances qui font que il ne s’agit franchement pas de notre réalité. On est assez proche d’un roman de fantasy mais complètement loufoque (mais pas encore suffisamment à mon goût !) : de la magie, des animaux bizarres, des magiciens encore plus bizarres et une utilisation complètement ahurissante de la magie ! En somme, un monde très très très bizarre. Et dans lequel on se plonge très facilement.

L’histoire également se suit très facilement : pas de temps morts, des rebondissements (même si parfois on les sent venir d’un peu loin !) et des personnages bien campés. En somme, aucune critique vraiment… Cela aurait certainement pu être un coup de coeur si j’avais lu cette série avec les Thursday Next. En somme, n’hésitez pas !

L’été où je suis devenue jolie – Jenny Han

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Quatrième de couverture :

Fermer la porte de l’enfance. Depuis qu’elle est petite, Belly passe ses étés chez Susannah et ses fils, Jeremiah et Conrad. Mais cette année, Belly est devenue jeune femme. Elle n’est pas la seule à avoir changé. Un drame couve et désormais, rien ne sera plus comme avant… Un texte plein d’émotion, sur la perte de l’innocence et l’intensité d’un premier amour.

Une trilogie pour adolescente (L’été ou je suis devenue jolie, L’été ou je t’ai retrouvé et L’été devant nous), fraiche et douce, avec un léger parfum d’amertume… Il ne s’agit ici en rien de grand livre, simplement un livre qui se lit facilement et qui traite de façon douce l’évolution d’une adolescente se retrouvant tout à coup face au monde et face à certains drames de l’existence. Le tout est facile à lire, bien écrit et sympathique. Je ne le recommanderai néanmoins pas à tous… Plutôt à ceux ayant une midinette au fonds du coeur !