Archives Mensuelles: juillet 2016

Lignes de faille – Nancy Huston

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lignes-de-faille-nancy-hustonQuatrième de couverture :

Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente. Monstrueuses ou drôles, attachantes ou désespérées, les voix de Sol, Randall, Sadie et Kristina – des enfants de six ans dont chacun est le parent du précédent – racontent, au cours d’une marche à rebours vertigineuse, la violence du monde qui est le nôtre, de San Francisco à Munich, de Haïfa à Toronto et New York. Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l’époque où l’on vit, l’homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C’est contre elle pourtant que s’élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge.

Un roman touchant, écrit du point de vue d’enfant…

J’avoue que la première partie du récit, le point de vue de Sol, en 2005 a failli me faire lâcher ce roman. Parce que ce petit garçon m’horripilait… Et je suis passé à Randall, puis à Sadie, puis à Kristina pour finir par me rendre compte que tout à coup, ce roman était fini…

L’enchainement des voix est vraiment une très bonne idée. On construit peu à peu l’histoire, on comprend… On retrouve l’innocence de l’enfance. Ou on se rend compte que parfois les enfants ne sont pas si dupes. On comprend comment l’enfance a construit l’adulte qu’on a rencontré précédemment, dans les yeux de son propre enfant ou dans les yeux de son petit enfant…

Des années 2000 aux années 40 ont vit avec ses enfants, des petits moments et des gros mensonges. Très difficile de lâcher ce roman, bien écrit et délicat. Un vraiment beau livre.

Toi et moi, its complicated – Dominic Bellavance

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quitting-facebookQuatrième de couverture :

La relation de Daniel et Véronique est sur le point d’éclater. Véronique est jalouse et Daniel ne sait pas comment lui annoncer qu’il la quitte.
Anne-Sophie fait des photos dans une fête d’étudiants en deuxième année de design, fête où Daniel était tellement saoul qu’il se souvient à peine avoir embrassé Vickie, la meilleure amie de Sara, qui elle, est amoureuse de Steeve, qui lui, a eu une aventure avec Anne-Sophie pendant la même fête, Anne-Sophie, qui elle…

Oui, c’est compliqué, Toi et moi… Oui, comme la vie des jeunes en cette folle époque où tout se trame à partir de Facebook ou d’un Iphone, surtout lorsque certain(e)s laissent traîner leurs mots de passe sur l’ordinateur de leurs ami(e)s, amant(e)s, ex et autres, qui peuvent ainsi envoyer des messages, incognito, que personne n’aurait aimé recevoir, parce que bon, une réputation, en cette ère de l’information rapide, ça se tue à la vitesse d’un simple enter…

Comment dire… Je n’ai franchement pas aimé. Fort heureusement, ce roman est très court. Mais la quatrième de couverture est plus agréable à lire que le roman. C’est dire.

Après, le langage quebecois m’a amusé et l’histoire pourrait être pas mal si c’était pas aussi « plate »… Daniel vit sa vie à travers facebook et je crois avoir pratiquement résumé le roman. Peut-être que je n’avais pas l’age ou pas la bonne culture ?

Et je danse, aussi – Anne-Laure Bondoux

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et-je-danse-aussiQuatrième de couverture :

Retiré dans la Drome et esseulé depuis le départ inexpliqué de son épouse, Pierre-Marie reçoit un jour une épaisse enveloppe contenant un manuscrit envoyé par l’une de ses lectrices, Adeline. Sans ouvrir le pli, il lui répond. Une correspondance s’engage, en cette année 2013, qui durera huit mois, de février à octobre. Au fil de leurs échanges, un lien intime s’établit. Ils composent librement, avec leur réalité, leur personnalité, leurs zones d’ombre. Ils s’inventent une vie. Car la leur s’est arrêtée quelques années plus tôt. Pierre-Marie et Adeline ont en effet une histoire en commun, mais qui ne leur appartient pas, et dont Pierre-Marie ne sait rien encore. Le mystère reste prisonnier de l’enveloppe expédiée par Adeline. Plus les lettres se précisent, plus elles effleurent la vérité qui dort dans ces pages… et des personnages depuis longtemps oubliés reprennent vie et entrent dans la danse.

Un petit roman très agréable. Un style que j’affectionne particulière : un roman épistolaire.

Un échange épistolaire s’amorce entre Pierre-Marie Sotto, écrivain inconsolable depuis la perte de sa femme et une certaine Adeline Parmelan,  » grande, grosse, brune » qui lui a envoyé une épaisse enveloppe, qu’elle souhaite d’abord qu’il lise puis non…Un échange se construit entre les deux, tour à tour léger, puis sombre, plein d’humour et de tendresse.

Un autre échange aussi s’instaure, entre Pierre-Marie et des amis à lui. Des vieux amis à qui l’on peut tout dire, avec qui l’on peut se disputer, à qui l’on peut demander l’impensable…

Le roman se construit peu à peu, de façon légère, mais le climat installé fait qu’il est difficile de lâcher ce roman. On sent qu’il n’y a pas qu’un simple échange, qu’il y a quelque chose derrière tout ça… On le sent, on le voit venir avant d’avoir la révélation finale…

Un très bon moment vraiment.

Un si gentil garçon – Javier Gutierrez

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unsigentilQuatrième de couverture :

« Tu as toujours été un gentil garçon. » Un si gentil garçon, de bonne famille. Tu te payais le luxe de vouloir vivre ta vie, tu jouais dans un groupe de rock, portais les cheveux longs et refusais catégoriquement de travailler dans la banque comme papa : tu semblais si inoffensif, Polo. Pourtant, dix ans après, quand Blanca resurgit, tu n’es plus toi-même qu’un fantôme, une ombre, un cauchemar vivant. Ton boulot, les conversations avec ton psy, ta merveilleuse Gabi : rien n’a pu te sauver, et aujourd’hui tu es là, sur ce bord de trottoir, à quelques mètres de ta victime, pantelant, exténué, acculé. La gentillesse est le plus beau des déguisements, le plus cruel aussi.

Un livre dérangeant… Et c’est peu de le dire.

Polo nous entraine avec lui dans sa descente aux enfers, dans son passé tourmenté. La narration est parfois compliquée à suivre mais c’est aussi ce qui donne son genre à ce roman. On a l’impression de plonger avec Polo dans sa conscience, dans son subconscient, dans les méandres de son passé. On s’enfouit avec lui dans ses incohérences.

On découvre sa vie passée, sa vie présente. On passe d’une époque à l’autre. Polo accompagné de ses amis, jouant dans un groupe de rock… Anti-conformiste… Et on se demande où sont passés ses idéaux d’étudiant ? Qu’est-ce qui l’a poussé à les abandonner ? A abandonner le rock ? Son groupe ? Ses amis ?

L’auteur pose des briques, petit à petit, construisant et reconstruisant cet homme, au fur et à mesure de ses mensonges, de ses incohérences, de son exploration… On a l’impression de lire un thriller, on est troublé par cette histoire et à la fois, horrifié… C’est haletant, c’est bluffant, c’est dur à lâcher… Et le dénouement m’a scotché. En somme, un livre coup de coeur. A lire. Absolument.