Archives Mensuelles: janvier 2016

Singularité – Robert J. Sawyer

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la_Trilogie_de_la_Singularite.cUne trilogie…

Eveil :

Caitlin, seize ans, jolie, enjouée, surdouée (surtout en maths), est aveugle de naissance. Mais elle est capable de surfer sur la Toile mieux que personne grâce à quelques interfaces et logiciels adaptés. Elle peut retracer dans sa mémoire les itinéraires les plus compliqués qu’elle a empruntés. Elle a la Toile en tête. Ses yeux et ses centres optiques sont parfaits. Mais quelque chose dans son nerf optique transmet mal l’information. Lorsque le professeur Kuroda, spécialiste japonais, lui propose d’essayer une prothèse qui y remédiera, elle saute de joie. Voir enfin… Cependant, ce qu’elle découvre avec son implant est déconcertant. Elle ne voit pas le monde mais un réseau de lignes brillantes. La Toile, le Web. Le World Wide Web. Et tapi dans la Toile, quelque chose – quelqu’un – guette et tente d’entrer en contact avec elle. Une Intelligence. Non humaine.

Veille :

Voici la suite d’Eveil, qui racontait l’émergence d’une Intelligence Artificielle sur le réseau Internet. Caitlin, jeune aveugle de naissance, a recouvré la vision grâce à une prothèse informatique et joue un rôle essentiel dans cette émergence puis dans l’éducation de cette conscience non humaine, Webmind. L’accès progressif de Webmind à la totalité des ressources d’Internet lui confère des pouvoirs surhumains, presque divins. Qui ne manquent pas d’inquiéter le gouvernement américain. Peut-on laisser survivre une entité qui dispose de connaissances et de pouvoirs formidables alors qu’on ignore tout de ses intentions ? Caitlin, qui lui fait une confiance absolue, parviendra-t-elle à la sauver ? Eveil puis Veille renouvellent complètement le thème de l’Intelligence Artificielle. Humain contre machine. Humain et machine. Sommes-nous au bord de la Singularité prédite par Vernor Vinge, l’auteur de Rainbows End ? Ces romans témoignent aussi d’un sens de l’humain rare dans la science-fiction et propre à Robert J. Sawyer. Eveil a été retenu parmi les cinq derniers titres en lice pour le prix Hugo 2010.

Merveille :

Webmind, l’Intelligence Artificielle qui a émergé sur la Toile à la suite de circonstances très singulières, menace-t-elle l’humanité comme le croît le colonel Hume, du programme Watch, qui a juré de la détruire ?
Ou bien l’apparition de cette entité aux pouvoirs quasi divins est-elle une chance extraordinaire pour l’humanité, comme le pense Caitlin Dexter, la jeune ex-aveugle dont la prothèse a tout permis ?
Quel rôle jouera le grand singe Chobo, l’autre intelligence non humaine de la planète, dans l’effort de Webmind pour convaincre les humains de ses bonnes intentions ?
La réponse se trouve-t-elle en Chine ?
Une trilogie un peu enfantine mais qui a le mérite de poser des questions de fonds sur pas mal de sujets. C’est d’ailleurs assez troublant. Lorsque j’ai commencé à la lire, j’avoue avoir trouvé l’écriture à la limite du simpliste. Mais comme tout ce qui est simple, cela se lit facilement et vu que l’histoire s’enchaine bien, on a envie d’en savoir plus.
Je pense qu’on est néanmoins plus sur de la littérature pour adolescent que pour adulte… vu que l’on a affaire à une jeune fille de 16 ans, avec des problèmes d’une adolescente de 16 ans ! La partie romance est fort heureusement fort légère.
Donc cette trilogie, au niveau questions de fonds est beaucoup plus profonde qu’il n’y parait. Nous assistons à la naissance d’une intelligence artificielle. Une intelligence dotée d’une conscience. Et on peut s’interroger sur ce « qu’est une conscience ? » Sur nos réactions face à l’inconnu. Devons-nous avoir peur de ce que nous ne connaissons pas ? Sur quoi nous basons-nous pour évaluer une menace ? Comment réagirions-nous si nous rencontrions un jour des extra-terrestre ? Peur ? Malaise ? Confiance ?
Et plus profondément, comment réagissons-nous face à l’inconnu ?
En somme, cette trilogie est pas si mal. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un chef d’oeuvre mais sa lecture est plaisante et les questions posées sont suffisamment intéressantes pour que l’on s’y attarde.

La tour sombre – Stephen King

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pistoleroQuatrième de couverture :

Le pistolero :

Un désert calciné, cruel et aveuglant. Immense. Un lieu réfractaire à la vie. C’est à peine si quelques masures, quelques hameaux subsistent çà et là, écrasés sous ce ciel inerte. Un enfer, implacable.
C’est là, pourtant, que marchent les deux solitaires ; obstinés, portés par un destin qui les dépasse. L’homme en noir d’abord, mystérieux, qui laisse dans son sillage une légende de faiseur de miracles. Et puis le pistolero, économe, laconique, dont lui-même ne sait plus s’il est encore humain. Le premier fuit, le second le poursuit. Il y a si longtemps qu’elle s’est engagée, cette chasse à l’homme, plus de vingt ans certainement. Sans que ni l’un ni l’autre ne sache réellement qui détient les clés de ce jeu mortel. Et si le gibier n’était pas celui qu’on croit ?…

Les 3 cartes :

Echoué sur une plage peuplée de monstres, gravement blessé, Roland de Gilead se retrouve face aux trois portes qui jalonnent sa route vers la Tour Sombre, son but ultime. Par elles, il parcourra l’espace-temps, rencontrera trois compagnons insolites et reverra Jake, cet enfant dont le souvenir le hante et qui semble nécessaire à sa quête. Alors que le temps devenu fou joue contre lui et les siens, le Pistolero saura-t-il démasquer ses noirs ennemis, magiciens et démons ligués pour s’emparer de la Tour ? Est-il prêt pour cela à partager son idéal, en s’en remettant au ka – le destin ? C’est pour lui l’heure de vérité…

Terres Perdues :

Liés par le destin qui a fait d’eux des errants, Roland, Eddie et Susannah mettent le cap vers les terres perdues où la Tour Sombre pourrait se situer. Hanté par le souvenir de Jack, Roland le Pistolero perd l’esprit. Comment renouer le lien avec ce gamin au cœur tendre ? Pour rapprocher les mondes qui les séparent, il lui faut une clé. Et seul Eddie peut la façonner. Encore faudrait-il qu’il le veuille… Et même s’ils se retrouvaient, il resterait encore une ultime étape : Lud, la cité morte. C’est là que les attend Blaine le Mono, un train si rapide qu’il traverse l’univers à la vitesse du son. Le train de la dernière chance pour ces pèlerins de l’impossible…

Magie et cristal :

Au-delà de la ténébreuse contrée de Tonnefoudre, au centre de tous les mondes possibles, se dresse la Tour sombre, cernée par d’immenses champs de roses rouges. La Tour est le but ultime de la quête de Roland le Pistolero et de ses compagnons : Eddie le Junkie, Susannah la Dame d’Ombres, Jake l’enfant martyr et Ote, son animal favori. Tous unis dans une épopée infernale où les épreuves les plus terrifiantes leur sont infligées. Ils doivent échapper à Blain le Mono, la diabolique machine ferroviaire, franchir les Chutes des Molosses, s’enfoncer dans les plaines du Kansas décimées par un mystérieux fléau, et affronter une fois encore leurs ennemis de toujours.

Les loups de la Calla :

Roland et ses amis pistoleros, désormais indéfectiblement liés, continuent de cheminer le long du Sentier du Rayon. C’est là que des émissaires de la vallée de La Calla – un prêtre défroqué au passé mouvementé, trois fermiers et un robot géant – viennent les trouver et leur demandent assistance : les Loups de Tonnefoudre, des créatures monstrueuses qui arrachent les enfants à leurs familles pour les renvoyer décérébrés, déciment la communauté. Les pistoleros sauront-ils voir que, s’ils épousent la cause de La Calla, ils pourraient bien se rapprocher plus qu’ils ne le croient de leur but ultime, la Tour Sombre et ses mystères ?

Le chant de Susannah :

La vallée de La Colla désormais apaisée, Roland et ses amis doivent reprendre leur quête. Susannah manquant à l’appel, c’est tout le ka-tet qui est en danger, suspendu entre fiction et réalité. Accompagnés du Père Callahan, les pistoleros n’ont d’autre choix que de franchir à nouveau la porte de la Grotte des Voix. Leur but ? Arracher la rose aux mains des suppôts du Roi Cramoisi… et sauver leur sœur d’armes, possédée – par la démoniaque Mia et enceinte d’une créature redoutable qui pourrait bien changer la face de l’univers. Mais sur la route de l’énigmatique Tour Sombre, dont dépend le salut de tous les mondes, se trouve un bien étrange écrivain démiurge…

La tour sombre :

Les retrouvailles du ka-tet de Dix-Neuf auront été de courte durée, car les pistoleros doivent à nouveau se séparer pour accomplir les deux tâches dont dépend le sort de la Tour Sombre : mettre fin à l’ignoble labeur des Briseurs détruisant les Rayons, et sauver l’écrivain Stephen King d’une mort programmée qui les condamnerait inéluctablement. Et ce n’est là qu’un prélude à l’affrontement avec Mordred – monstre hybride enfanté par Mia/Susannah -, le dernier héritier de la lignée d’Eld, mais aussi du Roi Cramoisi… Lequel n’a pas dit son dernier mot. Pour Roland de Gilead, la Tour est à ce prix… un prix qu’il devra payer de tout son être, pour la survie de tous les mondes.

Voilà, une septalogie terminée et un goût amer en bouche. Je n’aime pas finir des séries, j’ai toujours un pincement au coeur d’abandonner ainsi des personnages que j’ai aimé, que j’ai suivi pendant longtemps…

Est-ce vraiment utile de raconter cette histoire ? Il s’agit d’un Stephen King un peu particulier puisqu’on est ici plus sur une histoire fantasy qu’une histoire fantastique bien que l’on mêle à la fois notre monde et d’autres mondes… Au point parfois de s’y perdre un peu. L’apparition de l’auteur lui-même au sein de cette septalogie semble rocambolesque mais tout prend son sens en temps et en heure…

Je n’ai pas vraiment de critique à formuler… C’est une histoire facile à lire, facile à suivre, avec des personnages attachants (voir très attachants) et une fin… Une vraie fin. Pas une fin qui laisse imaginer un autre tome. D’où le pincement au coeur. Parce qu’on a pas envie que cela s’arrête, parce qu’on aimerait bien rester un peu plus longtemps avec Roland et ses amis.

Après, certains tomes ont des longueurs. D’autres sont juste terribles et j’ai tourné les pages avec frénésie. Et le dernier tome, je n’avais pas envie de le laisser, pas envie de savoir la suite et en même temps, je voulais savoir. Cette fameuse tour… On touchait enfin au but. Et…

En somme, une chouette lecture. Si on aime les longues histoires !

Pas farouche – Rosette

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rosetteQuatrième de couverture :

« Je me laissais manipuler doucement et puissamment : Romain avait une vraie dextérité pour les massages, et savait faire durer ce plaisir où il engageait, autant que du doigté, les mots triviaux et caressants d’un amant ou d’un geôlier : « Ma petite salope d’amour ! Mon étoile dans la boue ! Jolie catin ! »
Entre romance et récit, de la fin des sixties au mitan des années 80, l’héroïne de Pas farouche retrace son parcours sentimental et sexuel sous le signe du hasard.

Le parcours initiatique d’une petite nymphette des années soixante, découvrant l’amour et l’amour libre… Une autre époque, un autre genre. Un roman à lire pour l’ambiance, pour la verve un peu « Arletti »… Parce que ce temps est révolu et parce qu’il est amusant d’imaginer ce temps-là. Pas à lire pour l’histoire ni pour les images érotiques pas si érotiques que cela. Ni pour une écriture éblouissante. Mais pour découvrir un temps que l’on ne connait pas.

Les ennemis de la vie ordinaire – Héléna Marienské

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EnnemisQuatrième de couverture :

Sept personnages souffrant d’addictions – alcoolisme, sport, jeux d’argent, cocaïne, shopping, sexe – se trouvent réunis par la psy qui les suit, Clarisse, pour des séances de thérapie de groupe. Clarisse espère que le « décloisonnement » peut les aider à guérir. Mais en ont-ils vraiment envie, eux ? Pas sûr…

Ces « ennemis de la vie ordinaire » vont, peu à peu, se lier d’amitié au point de déteindre les uns sur les autres.

Comédie hilarante, portée par une écriture brillante et rythmée, ce roman s’empare d’un sujet de société contemporain, l’addiction, pour mieux le détourner : un conte moderne aussi réjouissant qu’immoral.

Bon, encore une fois, l’éditeur s’est un peu lâché sur la quatrième de couverture mais ça serait un peu étrange de trouver un « N’achetez pas ce livre, il est nul »… Bref, je cesse mes digressions et j’entame la critique de ce roman.

Donc, il s’agit en effet d’une comédie, pas hilarante mais suffisamment loufoque pour que j’ai passé un bon moment et que j’ai eu envie de finir ce livre. Nous allons donc rencontrer sept personnages, souffrant d’addictions que ce soit la drogue, le sport, les jeux, le sexe et une thérapeute voulant les guérir… Tour à tour, nous allons suivre les voix de chacun des personnages, thérapeute inclue et nous allons suivre cette histoire. Les ficelles sont parfois un peu grosses mais l’histoire est suffisamment bien amenée pour qu’on oublie cela.

L’écriture en elle-même est agréable et se lit facilement. J’ai bien aimé l’alternance des différents personnages, leur différents troubles et la conclusion douce-amère de ce roman.