Archives Mensuelles: septembre 2015

Se résoudre aux adieux – Philippe Besson

Par défaut

seresoudreQuatrième de couverture :

Clément l’a quittée. C’était il y a quelques semaines. Après avoir cherché refuge dans l’isolement et le silence, elle a choisi de partir. Et de lui écrire. De Cuba, de New York, de Venise, de longues lettres auxquelles il ne répond jamais. Seule en ces terres étrangères, elle tente par les mots d’échapper au chagrin, aux questions, aux souvenirs. De l’espoir, encore, au renoncement, déjà, elle vacille entre un passé qui s’évanouit et un avenir qui se dérobe. Avec précision mais sensibilité, Philippe Besson décortique la mécanique du deuil amoureux.

Certains romans tombent à point nommé parfois dans une vie. Celui-ci en fait parti. Il m’a énormément touché. Il raconte une rupture et la douleur qui en résulte. Il raconte une histoire et une fin. Il raconte la douleur d’une femme quittée, d’une femme brisée.

Hormis le sujet, le deuil amoureux, Philippe Besson a su ici écrire un livre très émouvant et se mettre parfaitement à la place d’une femme amoureuse que l’on vient de quitter. Ce roman est écrit à la première personne et j’ai aimé son style et l’écriture.

Louise et Clément se sont quittés. Ou plutôt, Clément a quitté Louise. Elle lutte, elle se bat, elle fuit. Elle fuit à l’étranger, pour panser ses blessures. Elle les panse d’une étrange façon : elle exorcise sa douleur en écrivant. Et qui mieux que Clément peut comprendre sa douleur ? A qui d’autre pourrait-elle écrire ? Qui accepterait de recevoir ce genre de messages ? Elle écrit à l’homme qu’elle a aimé, tout simplement. Personne d’autre ne pourrait recevoir ce genre de message… Attend-elle vraiment une réponse ? Ou s’écrit-elle plutôt à elle-même ? Elle espère sûrement une réponse à ses messages à la mer mais n’est pas dupe. Elle sait qu’elle n’aura pas de réponse. Que l’autre a définitivement fermé la porte et a fait son choix. Néanmoins, elle lui écrit.

Louise raconte. Elle raconte les lieux qui l’entourent avec sa vision si mélancolique, si triste. Elle raconte des moments de son histoire, selon son point de vue. Elle raconte sa peine, ce vide, cette impression de ne jamais pouvoir sourire à nouveau. Elle raconte différentes villes, différents lieux… Elle se raconte et elle raconte sa peine, dans l’espoir de tourner la page.Elle se met à nue, elle met à nue ses sentiments, sa souffrance et sa nouvelle solitude…

Ces lettres sont plus ou moins universelles. Une histoire banale, une souffrance banale et une fin tout aussi banale. Mais pourtant, ce roman est étrangement envoutant…

 

 

Serpents et piercing – Hitomi Kanehara

Par défaut

serpentsQuatrième de couverture :

Dans la nuit zébrée de néons des ruelles interlopes de Tokyo, une jeune fille de 19 ans traîne son mal de vivre et son envie de transgresser tous les tabous. Lorsqu’elle tombe amoureuse d’Ama, jeune punk qui la fascine, c’est un monde qui s’ouvre à elle – celui des piercings, des tatouages, de la chair marquée, entre violence et désir.

Un roman décadent, où l’on suit une jeune fille, Lui, qui plonge dans la culture punk, qui se cherche et qui cherche des raisons à sa vie.

Ce roman décrit la société punk de Tokyo, il décrit une errance et une vie trouble, la quête d’une jeune fille vers une « langue fourchue », la quête d’une jeune fille vers elle-même.

Les personnages sont étranges et pleins de contradictions. Aucun n’est vraiment attachant pourtant. La petite longueur du roman, à peine 160 pages, y participent grandement.

On plonge dans ce roman facilement et on en sort un peu plus difficilement, un peu touchée par le destin pathétique d’une gamine…

Un certain plume – Henri Michaux

Par défaut

Quatrième de couverture :

Plume est un recueil poétique, publié en 1938 par Henri Michaux (bien que la première version ait été écrite en 1930). Il s’agit d’une œuvre originale, composée de treize chapitres se présentant comme des récits très courts (quelques pages au plus), mettant tous en scène le personnage de Plume dans des « aventures » parfois cocasses ou rocambolesques, parfois surréalistes.
Le nom de Plume fait référence à la légèreté du personnage, un personnage sans épaisseur ni volonté affirmée, qui se laisse la plupart du temps porter par les événements.
Plume était l’œuvre préférée de Michaux lui-même.

Voilà un genre que j’ai eu du mal à saisir… C’est très court, très facile à lire mais tellement loufoque qu’on ignore presque où l’auteur veut en venir. On est plus proche ici de la poésie que d’un roman à proprement parlé. C’est surréaliste, loufoque, étrange… Les aventures de Plume sont inconsistantes, sans sens profonds. Dur à suivre en fait.

La saison des mangues – Cécile Huguenin

Par défaut

Quatrième de couverture :

lasaisonTrois femmes, trois générations, trois pays, trois destins. Inde coloniale. Radhika est mariée par son père à un Major anglais, qui se révèle odieux. La naissance de leur fille, Anita, ne fait qu’exacerber sa tyrannie. Angleterre. Élevée dans la stricte tradition britannique, la petite fille s’épanouit néanmoins dans le cocon qu’elle et sa mère se sont construit. Après la décolonisation, Radhika, opprimée par son mari et nostalgique de son Inde natale, l’empoisonne et repart avec sa fille au pays. Dans l’avion, elles rencontrent François, un français passionné par l’Inde. Anita tombe immédiatement amoureuse de cet homme qu’elle épousera. De leur union naît Mira, au doux visage couleur de mangue. En France, Mira, « la quarteronne », grandit écartelée entre toutes ses cultures et se sent étrangère dans son propre pays. C’est en Afrique qu’elle parvient enfin à trouver sa place. Elle aidera Laurent, jeune français en mission humanitaire, à combattre les préjugés, et à accepter l’autre. Mais le chemin est sinueux et l’apprentissage dangereux. Personne n’en sortira indemne… La Saison des mangues est un voyage à travers les cultures, un hymne à la tolérance et au partage. Avec sa plume sensible et juste, Cécile Huguenin nous entraîne dans un univers magique où la vie n’est pas exempte de douleurs, mais sonne avant tout comme un espoir.

J’ai beaucoup aimé ce roman. Un roman doux, nostalgique qui nous entraine à Paris, en Inde, en Afrique… Un roman où l’on apprend l’abnégation, le don de soi. Un apprentissage douloureux à travers différentes cultures et traditions.

L’écriture de l’auteur est vraiment agréable : des mots précis, rien de pédants mais surtout pas simpliste. Les mots sont justes, elle a une façon de manier le langage très agréable. On est très loin des facilités de certains romanciers sans tomber dans le difficile à lire.

Les personnages sont attachants. Que ce soit une indienne déracinée, éperdument amoureuse… Une jeune femme profondément humaine, en quête de ses racines… Un jeune homme touchant, un peu lâche, un peu paumé, se cherchant.

En somme, un joli roman.

La Fille de l’Assassin – Robin Hobb

Par défaut

LafilleQuatrième de couverture :

Fitz Chevalerie doit apprendre à vivre avec sa fille, Abeille, après la mort de sa femme Molly. Étrangement précoce et intelligente, l’enfant poursuit une existence à demi sauvage dans le domaine de Flétribois auprès d’un père qui ignore comment l’élever et d’un personnel qui, au mieux, la regarde comme une bête curieuse, au pire, la méprise. Livrée à elle-même, elle découvre les passages secrets que dissimulent les murs de la maison, se lie d’amitié avec un chat et apprend par bribes la vie d’assassin que mena jadis son père. Un jour, une jeune femme arrive, porteuse d’un message du Fou ; mais elle est si gravement blessée qu’elle expire avant de pouvoir tout dire. Fitz, craignant que ses meurtriers ne s’en prennent à sa famille, brûle son cadavre, dissimule sa mort et laisse croire qu’elle a poursuivi sa route. Robin Hobb ressuscite ici magnifiquement les personnages de la célèbre série de L’Assassin royal qui l’a rendue célèbre dans le monde entier.

Oui, oui, oui ! La suite de l’assassin royal !

Je me suis permis de couper la quatrième de couverture de l’éditeur. Je vous déconseille d’ailleurs de la lire. Il spoile une partie de l’histoire en beauté, ce qui est franchement frustrant. A se demander comment un éditeur peut être assez bête pour faire un tel résumé.

Et je n’ai qu’un mot à dire sur ce roman. La suite et vite !