La mort est mon métier – Robert Merle

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MortQuatrième de couverture :

«Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s’éclaira…
– Le Führer, dit-il d’une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta :
– Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
– Vous avez l’air effaré. Pourtant, l’idée d’en finir avec les Juifs n’est pas neuve.
Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu’on ait choisi…»

Voilà un roman dérangeant. Il s’agit des pseudo mémoires de Rudolf Lang, basé sur les mémoires de Rudolf Höß, commandant d’Auschwitz. Robert Merle a pris le parti d’écrire ce récit à la première personne du singulier. Le « je ».

Et c’est là que tout est dérangeant. En effet, on suit avec attention le devenir de Rudolf Lang : son enfance, au milieu d’une famille catholique, son engagement au fur et à mesure dans l’armée et sa tombée dans le nazisme. Ce qui est dérangeant, c’est que cet homme initialement n’avait pas pour vocation de devenir nazi. Il l’est devenu parce qu’il a obéi aux ordres. C’est cela qui est dérangeant. Comprendre comment l’on peut devenir un tortionnaire, comment on peut devenir l’homme qui a amélioré le « process » d’extermination des juifs…. Le mot choisi est volontairement un mot issu de l’industrie : pour Rudolf Lang, il s’agissait, comme le dit Robert Merle, de son métier. Dérangeant vraiment.

A lire, vraiment.

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