Archives Mensuelles: septembre 2014

La mort est mon métier – Robert Merle

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MortQuatrième de couverture :

«Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s’éclaira…
– Le Führer, dit-il d’une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta :
– Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
– Vous avez l’air effaré. Pourtant, l’idée d’en finir avec les Juifs n’est pas neuve.
Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu’on ait choisi…»

Voilà un roman dérangeant. Il s’agit des pseudo mémoires de Rudolf Lang, basé sur les mémoires de Rudolf Höß, commandant d’Auschwitz. Robert Merle a pris le parti d’écrire ce récit à la première personne du singulier. Le « je ».

Et c’est là que tout est dérangeant. En effet, on suit avec attention le devenir de Rudolf Lang : son enfance, au milieu d’une famille catholique, son engagement au fur et à mesure dans l’armée et sa tombée dans le nazisme. Ce qui est dérangeant, c’est que cet homme initialement n’avait pas pour vocation de devenir nazi. Il l’est devenu parce qu’il a obéi aux ordres. C’est cela qui est dérangeant. Comprendre comment l’on peut devenir un tortionnaire, comment on peut devenir l’homme qui a amélioré le « process » d’extermination des juifs…. Le mot choisi est volontairement un mot issu de l’industrie : pour Rudolf Lang, il s’agissait, comme le dit Robert Merle, de son métier. Dérangeant vraiment.

A lire, vraiment.

Appelez la sage-femme – Jennifer Worth

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Quatrième de couverture :sage

Rien ne prédestinait Jennifer Worth à devenir sage-femme dans les quartiers miséreux des Docklands. Quand à vingt-deux ans elle rejoint les soeurs de Nonnatus House, une maternité qui vient en aide aux plus pauvres, elle s’apprête à vivre l’expérience de sa vie…
À la fois bouleversant et bourré d’optimisme, aussi captivant qu’un roman, cet inoubliable témoignage a inspiré la série désormais culte diffusée sur D8, Call the Midwife.

« Appelez la sage-femme fait partie de ces livres qui lèvent le voile sur ce que l’on ne connaît pas, et que l’on ne se serait jamais autorisé à imaginer. En cela, il est passionnant. »

Il s’agit d’une autobiographie ici. Jennifer Worth a été sage-femme à la fin de la seconde guerre mondiale. Autre temps, autre mœurs. Les femmes à l’époque subissaient grossesses sur grossesses, accouchaient à domicile et  vivaient une vie bien différente de celle que nous pouvons avoir aujourd’hui. L’époque et le quartier sont bien décrits et Jennifer Worth nous dépeint ce quartier si particulier et si miséreux dans lequel elle a œuvré.

Après, j’ai trouvé ces mémoires un peu froides et cliniques et j’ai parfois eu du mal à vraiment me plonger dans ce témoignage. Les personnages ne sont pas franchement attachants ou peut-être est-ce l’écriture qui ne m’a pas vraiment plu. Mais je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce livre.

 

 

Eleven – Mark Watson

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ElevenQuatrième de couverture :

La nuit, Xavier Ireland anime avec passion une émission de radio pour les Londoniens, à l’écoute de leurs espoirs, leurs peurs, leur doutes. Le jour, c’est un solitaire, un homme volontairement coupé du monde. Jusqu’à sa rencontre avec une femme de ménage peu ordinaire qui va l’obliger à se confronter aux fantômes de son passé. Qu’il le veuille ou non, le destin de Xavier est lié à celui des autres, et le plus infimes de ses actes peut déclencher une série d’événements susceptibles d’affecter inéluctablement la vie de onze de ses concitoyens. Il y a au moins onze bonnes raisons de lire le roman élégant, subtil et désespérément drôle (pour n’en citer que trois) du comédien anglais Mark Watson. Libre à vous de découvrir les autres !

Un joli roman qui m’a bien plu. Après, la quatrième de couverture est beaucoup plus flatteuse qu’en vérité. Si vous cherchez de l’humour anglais, je pense que vous pouvez passer votre chemin, il y a des choses beaucoup plus drôles et grinçante que ce livre écrit par Mark Watson.

Néanmoins, beaucoup de bonnes surprises : des personnages attachants qui gagnent profondeur au fur et à mesure qu’on les découvre. Il s’agit ici d’un roman de type chick-lit, avec une histoire d’amour en toile de fond, où l’on part à la découverte de Xavier, de son passé et de l’histoire qu’il vit. Une petite tranche de vie bien sympathique, avec un roman qui se lit très facilement.

L’année où j’ai vécu selon la Bible – A.J. Jacobs

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anneeQuatrième de couverture :

Ne vous y trompez pas : A. J. Jacobs n’est pas un religieux. C’est un juif new-yorkais tout ce qu’il y a de plus laïque, qui, au départ de cette aventure, ne sait pas grand-chose de la Bible. Mais frappé par la résurgence de la foi et le nombre croissant d’Américains déclarant prendre les Ecritures au pied de la lettre, il s’est mis à douter. Serait-il possible que tant d’hommes et de femmes soient victimes d’une illusion monumentale ? Ou bien est-ce lui qui passe à côté d’une expérience humaine essentielle, comme quelqu’un qui traverserait l’existence sans jamais écouter Beethoven ou tomber amoureux ? Pour en avoir le cœur net, il va lire la Bible et tenter de la suivre aussi littéralement que possible. Observer les dix commandements. Etre fécond et multiple. Aimer son prochain. Mais aussi se plier à ces règles qu’on néglige trop souvent : ne pas raser les coins de sa barbe, jouer de la harpe à dix cordes et, bien sûr, lapider les adultères. Il s’absorbe dans la prière, garde des moutons dans le désert israélien, mange des criquets, pourfend l’idolâtrie et dit la vérité nue en toute circonstance… au grand dam de ses proches. Mais il part également à la rencontre des différentes communautés religieuses littéralistes. Il fait la visite guidée d’un musée créationniste et chante des hymnes avec un amish de Pennsylvanie. Il danse avec les hassidim de Brooklyn et débat des Ecritures avec un témoin de Jéhovah. Aux prises avec des règles apparemment archaïques qui déconcertent son cerveau du XXIe siècle, il découvre aussi une sagesse biblique ancienne restée d’une pertinence frappante. Empreint de respect autant que d’irrévérence, le voyage spirituel qui en découle est à la fois drôle et profond, personnel et universel. Que vous soyez croyant, agnostique ou athée, il pourrait bien changer votre regard sur le livre le plus influent de l’Histoire.

Voilà un livre que j’ai bien du mal à catégoriser… Il ne s’agit pas d’un roman mais c’est écrit comme un roman et on suit la quête religieuse de l’auteur un peu comme on pourrait lire un roman. On observe cette quête un peu comme un scientifique observe un insecte dans un terrarium. Et on découvre plein de choses.

L’écriture est agréable, facile à lire et l’auteur a pris le parti de nous raconter son histoire de façon relativement humoristique tout en restant très très sérieux sur l’application des règles bibliques. Il s’agit vraiment d’un défit tant personnel que religieux et j’ai suivi ce défit avec attention. C’est assez frappant de voir que finalement, cette quête a certainement changé son auteur et sa vision sur la religion. J’avoue avoir découvert énormément de règles de la bible qui semble aujourd’hui totalement anachroniques (et impossible à suivre !) et que j’en suis venue également à m’interroger sur ma propre vision de la religion.

Au final, un très bon documentaire/roman/quête qui nous permet de nous interroger sur un des livres les plus connus et les moins connus finalement du monde.

 

Vacances anglaises – Joseph Connolly

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vacances Quatrième de couverture :

Elizabeth s’est décidée pour des vacances balnéaires sur la côte anglaise, à l’ancienne (cinq étoiles, naturellement), vacances que son agent immobilier de mari, Howard, qui n’est nullement dans la gêne, lui offre volontiers – c’est essentiellement son rôle. Pour sa part, il préfère rester à Londres avec l’objet de ses désirs, Zouzou.Leur voisine Dotty, qui envie à en mourir le niveau de vie d’Elizabeth (sans parler de toutes ses nouvelles affaires d’été), voudrait prendre les mêmes vacances. Mais son mari qui, lui, se débat dans une gêne poignante, lui impose une alternative effroyable, tandis que leur fils de quinze ans, Colin, se languit d’une fille – n’importe quelle fille. Melody, jeune mère célibataire, les accompagne avec Dawn, un amour de bébé qui passe son temps à hurler jusqu’à l’apoplexie. Sur les côtes étincelantes d’Angleterre, on rencontre forcément la très séduisante Lulu, mais également son mari John, fou de jalousie – à moins qu’il ne soit tout simplement fou. Sans parler de Miles Mclnerney, un séducteur professionnel doublé d’un salaud non moins professionnel : coucher, voilà son but unique. Pendant ce temps-là, la fille de Howard, Katie, passe un week-end torride à Chicago avec Norman. Comment tout cela va-t-il se terminer ?

Voilà un roman bourré d’humour, partiellement loufoque mais qui m’a franchement charmée. Les personnages sont très bien campés et j’avoue avoir pris beaucoup de plaisir à les découvrir et à suivre avec eux leur circonvolutions. Dans ce roman, les relations humaines sont bien particulières et la vision de la nature humaine offerte n’est pas la meilleure mais cela rend les choses d’autant plus drôles. Il est relativement difficile de s’attacher aux personnages qui sont tous plus menteurs, faux, égoïstes les uns que les autres. Et il n’y a au final pas de vrai chute à ce roman, simplement la fin des vacances.