Archives Mensuelles: septembre 2013

La vieille qui marchait dans la mer -San Antonio

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lavieilleQuatrième de couverture :

Lorsqu’on demande à Stephen King, le fameux romancier américain, pourquoi il a choisi d’écrire sur des sujets aussi macabres, il répond : « Qu’est-ce qui vous fait penser que j’ai le choix ? »
Un romancier ne l’a jamais, il obéit au papier, un point c’est tout !
Pour ma part, lorsque j’ai commencé ce livre, j’avais l’intention d’écrire une histoire cocasse, haute en couleur : celle d’une vieille aventurière qui se donne un dauphin avant de raccrocher, et le forme à l’arnaque.
Je ne me doutais pas, à cet instant, que j’allais commettre l’ouvrage le plus grinçant de ma carrière, m’enfoncer dans un conte de fées noir à vous en flanquer le vertige, et peut-être même dépasser certaines limites.
Mais je ne regrette rien. Quand on est capable de tout, il faut le prouver.
San-Antonio

J’ai adoré ce roman que j’ai dévoré très rapidement. On retrouve ici toute la verve de San Antonio, mais à contrario d’un San Antonio plus classique, ici, point de Berurier ni de commissaire. Il s’agit ici d’une oeuvre totalement autre : le personnage principal, lady M est une vieille femme, riche à millions, arnaqueuse de profession qui, au cours d’une arnaque à la Guadeloupe s’amourache d’un jeune plagiste qu’elle entraînera dans ses aventures. Il est question ici de beaucoup de choses différentes ; de vieillesse évidemment, de jeunesse, d’amour, d’arnaque, de mort et de souvenir…

J’avoue que j’ai trouvé ce roman très surprenant d’un point de vue stylistique : San Antonio jongle d’un style presque ampoulé à un style proche de la vulgarité,  le tout écrit dune façon magistrale. Les dialogues intérieurs de la vieille, entre elle et le seigneur (en même temps, qui pouvait elle avoir choisi d’autres comme confidents ?!) sont truculents…  Elle se confie à Dieu comme elle pourrait se confier à un bon copain, argotant à tout va, négociant et mégotant sur tout et rien.

J’ai énormément de mal à parler de roman sans dévoiler l’intrigue mais le personnage de la vieille est tellement présent que les autres personnages, bien qu’importants, en deviennent anecdotiques. Pourtant, ils apportent toute la profondeur au personnage principal.

En somme, comme je ne veux pas trop en dévoiler, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre émouvant et drôle, pathétique et pleins d’espoir. Un grand et beau roman.

La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker

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veritesur

Quatrième de couverture : 

À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.
Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?
Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

On m’avait beaucoup parlé de ce livre, en m’en disant le plus grand bien.  J’ai été très surprise en le découvrant. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais, mais pas vraiment à cette sorte d’enquête policière, sur musique d’Amérique profonde, mariant à la fois le roman de genre, le roman noir et le thriller… Et ce roman sans genre précis déroute mais il est extrêmement dur à lâcher : l’auteur a, en effet, un vrai don pour nous balader et nous conduire de rebondissements en rebondissements, tous plus surprenants les uns que les autres. L’auteur jongle entre le passé et le présent, reconstitue des scènes pour faire avancer l’enquête. Si parfois, cela devient un peu redondant, je n’ai jamais été lassée par cela. J’ai trouvé que ces allers et retours dans le temps permettaient au contraire de bien comprendre les rebondissements (et les erreurs) de cette enquête.

Après, cette Amérique profonde est pleine de clichés et les personnages sont parfois bien caricaturaux. J’ai eu un peu de mal parfois à apprécier ces personnages un peu trop clichés. Pourtant, j’ai adoré le personnage de Marcus : un homme ayant écrit un grand premier roman, en mal d’inspiration pour le second qui, lorsque éclate l’affaire Quebert décide d’élucider l’affaire puis d’y consacrer un roman… Un roman que nous tenons dans les mains ? Ou simplement les notes rattachées à celui-ci ? Mais ce personnage est beaucoup plus qu’un écrivain en devenir, c’est un truand, un arnaqueur, le « Formidable ». Et ce sont toutes ces faiblesses, ainsi que sa relation avec son mentor qui font la richesse du personnage.

Pour continuer dans les critiques… Le pseudo grand livre écrit par Harry Quebert, celui qui a fait de lui l’écrivain du siècle semble franchement… Bref, inutile d’être plus explicite, mais il me semble que nous sommes bien loin d’un roman épistolaire époustouflant… Et dernière et ultime critique : la relation entre Nola et Harry Quebert, relation sensée être passionnelle et bouleversante semble se résumer à nourrir les mouettes et à quelques baisers. Je ne souhaitais pas un livre de « sexe » mais une allusion ou deux à cela aurait rendu crédible cette passion.

Après, ce livre m’a vraiment plongé dans l’Amérique profonde et l’auteur est extrêmement doué pour dépeindre les atmosphères des lieux. Il décrit également très bien le monde de l’édition. En somme, si ce roman a des défauts rien ne m’a vraiment gêné et  je me suis laissée trimbaler de gauche à droite, sans n’avoir jamais réussi à déjouer l’auteur : du grand art ! Rien que pour cela, ce roman doit être lu !

Fantomette amoureuse – Georges Chaulet

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fantometteQuatrième de couverture :

Alors voilà, à la fin du beau livre paru à l’occasion des cinquante ans de Fantômette, il y a une nouvelle inédite : Fantômette a grandi, que devient-elle? Dans cette histoire, elle tombe amoureuse.

A l’occasion de ses 50 ans, un livre est paru retraçant l’histoire de cette héroïne de mon enfance, celle dont je dévorais les histoires avec plaisir, petit rayon rose au cœur de ma bibliothèque, à savoir : Fantômette !

Et l’auteur a eu une excellente idée : nous montrer ce qu’est devenue cette héroïne emblématique de mon enfance.

Mille ponpons ! Mais qu’est devenue Françoise ? Et c’est un peu là que cela se gâte…
Le monde de Fantômette n’a pas vraiment évolué, si on excepte le fait que le portable y a fait une apparition. L’écriture reste toujours celle de la bibliothèque rose (nous ne pourrons absolument pas parlé ici de grande littérature), le style de l’auteur n’a absolument pas évolué d’un iota…  Je me suis même demandé à qui s’adressait cette nouvelle : aux petites filles d’aujourd’hui ? Ou à leur maman qui ont grandi avec Fantômette ? S’il s’agit de ces dernières, je pense que l’auteur a raté sa cible… On s’attendrait à un peu plus de recherche, à une écriture plus travaillée, tout en gardant le même esprit. Mais là, il s’agit vraiment de bibliothèque rose pas forcément très bien écrite.
Bien évidemment, j’a retrouvé avec plaisir les personnages un peu improbables ( la grande Ficelle, la petite Boulotte, oeil de Lynx ) et j’ai découvert avec un sourire leurs fabuleux destins. Néanmoins, Fantômette mène une vie tellement plan plan et embourgeoisée qu’on se demande dans quel monde elle vit. Sans compter que les méchants d’aujourd’hui sont bien moins méchants et diaboliques que lorsqu’elle était petite… Du coup, on ressort un peu frustrée de ce dernier opus, en se disant que si c’est cela grandir, on ferait mieux de rester petite. Mais bon, parce que c’est court et que cela a un gout de madeleine, cette nouvelle est à lire. Juste pour se faire sa propre opinion !