Le club des incorrigibles optimistes – Jean-Michel Guenassia

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fontaine-medicis-307807Michel Marini avait douze ans en 1959. C’était l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Tibor, Léonid, Sasha, Imré et les autres. Ces hommes avaient tous passé le Rideau de fer pour sauver leur vie. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, leurs idéaux et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient tous retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie de Michel. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes.

Roman de génération, reconstitution minutieuse d’une époque, chronique mélancolique d’une adolescence : Jean-Michel Guenassia réussit un roman étonnant tant par l’ampleur du projet que par le naturel dont il s’en acquitte.

Un prix Goncourt des lycéens qui se mérite largement : ce petit pavé de 750 pages se lit d’une traite, sans pause et sans remords (mais pas sans cerne le lendemain matin). Pour ma part, j’ai forcément vu une grosse touche de Joffo : l’époque, les personnages, l’écriture… Bref.

Ce roman aborde tellement de thèmes différents qu’en dresser la liste exhaustive semble un peu irréaliste ; nous avons donc en vrac : la guerre d’Algérie, le communisme, les déboires du communisme, l’adolescence, l’amour, l’amitié, la famille, le divorce, la séparation, le pardon, la liberté, l’exil, les échecs, le rock ‘n’ roll, de photographie… En somme, tout le portrait d’une génération, celle des années cinquante et du début des années soixante.

Les personnages sont très bien décrits ; passons sur le héros, le petit Michel, jeune garçon d’une douzaine d’années, découvrant l’amour, l’amitié, tous les aléas de la vie qu’on peut croiser lors de l’adolescence… Et croisant des personnages secondaires extraordinaires : les personnages ne sont ni des saints ni des fieffés salauds ; ils sont artisans d’une époque dure, rescapés d’une guerre et rescapé d’un régime totalitaire. Le communisme ou plutôt ses déboires est très présent dans ce livre, sans être jamais larmoyant. Mais pas seulement. Je trouve que Guenassia a parfaitement réussi à retranscrire une époque avec tous les différents courants qu’on peut y croiser. Mais il ne faudrait pas croire qu’il ne s’agit que d’un énième livre sur les années 50/60, ce serait bien trop fortement réducteur. Les années 50/60 et le Paris de ces années là ne sont que le décors. Ce livre pourrait être transposé ailleurs sans qu’il n’y perde sa force ou ses qualités…

Pour revenir à nos personnages secondaires, il n’y a pas que des exilés du communisme ; on y trouve également des anarchistes, des jeunes filles en fleur, des idéalistes, Sartre, Kessel… Tout ce beau monde est très bien intégré dans ce roman, sans fausse note. Pas trop de Kessel ni de Sartre, il ne s’agit en rien du sujet du roman… L’histoire en elle-même n’a pas vraiment d’importance. Il s’agit plutôt des rencontres, des personnages qui rendent ce roman exceptionnel… En somme, un très beau roman à lire absolument !

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