Archives Mensuelles: février 2013

L’homme illustré – Ray Bradbury

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L-homme-illustreQuatrième de couverture : «Il retira sa chemise et la roula en boule. De l’anneau bleu tatoué autour de son cou jusqu’à la taille, il était couvert d’Illustrations. »Et c’est comme ça jusqu’en bas », précisa-t-il, devinant ma pensée. « Je suis entièrement illustré. Regardez ! »Il ouvrit la main. Sur sa paume, une rose. Elle venait d’être coupée ; des gouttelettes cristallines émaillaient ses pétales délicats. J’étendis ma main pour la toucher, mais ce n’était qu’une image. »Mais elles sont magnifiques ! m’écriai-je.- Oh oui, dit l’Homme Illustré. Je suis si fier de mes Illustrations que j’aimerais les effacer en les brûlant. J’ai essayé le papier de verre, l’acide, le couteau… Car, voyez-vous, ces Illustrations prédisent l’avenir. »»Dix-huit Illustrations, dix-huit histoires à fleur de peau par l’un des plus grands poètes du fantastique et de la science-fiction.

Ray Bradbury nous a concocté un recueil de nouvelles. Étrangement, je n’ai pas vraiment accroché à ce recueil. Évidemment, il s’agit de Bradbury, donc inutile de préciser à quel point c’est bien écrit et à quel point il est dur de faire une critique sur la forme de ces nouvelles. C’est surprenant, parfois bien prenant mais au final, j’ai trouvé que cela manquait de cohérence… On passe un peu du coq à l’âne sans avoir le temps de s’habituer aux personnages. En même temps, il s’agit du genre (càd la nouvelle) qui veut ça.  Le genre (l’autre genre !) est  à la fois de la science-fiction mais parfois, on est proche de la terreur… Cela donne des histoires frissonnantes. Bref, je n’ai pas eu de coup de coeur mais je le conseille néanmoins aux amateurs du genre.

La mémoire des autres – Annelise Corbrion

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memoireQuatrième de couverture : Infographiste spécialisée dans la retouche des photographies anciennes, Emma se remet difficilement de la mort brutale de ses parents. Plongée dans la vie d’inconnus figés dans leurs moments les plus heureux, elle rend aux souvenirs des autres l’éclat que leur a volé le temps. Mais la réalité la rattrape étrangement le jour où elle reçoit un courriel dont l’expéditeur n’est autre qu’un homme posant sur l’une des photos restaurées.        
  Un homme décédé dans les années 40. Il a besoin d’elle, comme les autres fantômes qui assaillent bientôt la boîte mail de la jeune femme. Que veulent les défunts capables de communiquer avec les vivants ? Emma devient une messagère et porte leurs dernières volontés pour défi er l’oubli et rétablir la vérité. Jusqu’au mail de trop, celui qui la touche personnellement. Emma se lance alors dans une enquête au cœur de dangereux souvenirs qui n’appartiennent pas encore tout à fait au passé.Les morts la ramènent littéralement à la vie, l’entraînent dans une course folle.            
  Mais jusqu’où Emma ira-t-elle dans sa quête de vérité ?

Un roman plutôt agréable, se lisant bien, avec une intrigue, parfois un peu facile mais plutôt intéressante. L’auteur mêle ici plusieurs genre ; la romance, le thriller, le fantastique, le tout dans une ambiance anglaise bon chic bon genre…  Des personnages sympathiques, des ambiances plus que des lieux mais parfois vraiment de la facilité dans le choix des actions. Je ne dirai pas qu’on s’attend à la fin mais pas loin. Dommage vraiment que l’auteur soit passé par ses facilités. Mais si vous tombez sur ce roman, n’hésitez pas. Il se lit extrêmement vite et m’a permis de passer un bon moment.

La dernière nuit avant l’an 2000 – Christine Arnothy

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nuitQuatrième de couverture :  » J’ai raté l’homme, dit Dieu à son fils. Tu dois retourner sur terre et, avant la nuit qui précède l’an 2000, trouver un juste. Alors je sauverai le monde. Tu prendras corps, tu partageras la vie quotidienne des hommes, leurs soucis. Ainsi je comprendrai pourquoi la haine l’emporte sur l’amour. A toi de faire entendre mon message. De quelle manière ? Cherche « . Voilà comment arriva en France, déposé au hasard par une force cosmique, un apatride de trente-trois ans nommé Jean Lemessie. Confronté à un peuple en plein désarroi, arrivera-t-il à remplir sa mission ? Quel sera son deuxième destin ?

Voilà un livre dont j’ai oublié de parler… Peut-être un acte manqué. Je ne me souviens absolument pas si j’ai aimé ou non ce livre… Mais j’ai tendance à me souvenir des livres que j’ai adoré. Cela reste du Christine Arnothy, donc l’écriture est agréable, fraiche et le sujet est « mignon ».

Bref, au suivant !

Le club des incorrigibles optimistes – Jean-Michel Guenassia

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fontaine-medicis-307807Michel Marini avait douze ans en 1959. C’était l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Tibor, Léonid, Sasha, Imré et les autres. Ces hommes avaient tous passé le Rideau de fer pour sauver leur vie. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, leurs idéaux et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient tous retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie de Michel. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes.

Roman de génération, reconstitution minutieuse d’une époque, chronique mélancolique d’une adolescence : Jean-Michel Guenassia réussit un roman étonnant tant par l’ampleur du projet que par le naturel dont il s’en acquitte.

Un prix Goncourt des lycéens qui se mérite largement : ce petit pavé de 750 pages se lit d’une traite, sans pause et sans remords (mais pas sans cerne le lendemain matin). Pour ma part, j’ai forcément vu une grosse touche de Joffo : l’époque, les personnages, l’écriture… Bref.

Ce roman aborde tellement de thèmes différents qu’en dresser la liste exhaustive semble un peu irréaliste ; nous avons donc en vrac : la guerre d’Algérie, le communisme, les déboires du communisme, l’adolescence, l’amour, l’amitié, la famille, le divorce, la séparation, le pardon, la liberté, l’exil, les échecs, le rock ‘n’ roll, de photographie… En somme, tout le portrait d’une génération, celle des années cinquante et du début des années soixante.

Les personnages sont très bien décrits ; passons sur le héros, le petit Michel, jeune garçon d’une douzaine d’années, découvrant l’amour, l’amitié, tous les aléas de la vie qu’on peut croiser lors de l’adolescence… Et croisant des personnages secondaires extraordinaires : les personnages ne sont ni des saints ni des fieffés salauds ; ils sont artisans d’une époque dure, rescapés d’une guerre et rescapé d’un régime totalitaire. Le communisme ou plutôt ses déboires est très présent dans ce livre, sans être jamais larmoyant. Mais pas seulement. Je trouve que Guenassia a parfaitement réussi à retranscrire une époque avec tous les différents courants qu’on peut y croiser. Mais il ne faudrait pas croire qu’il ne s’agit que d’un énième livre sur les années 50/60, ce serait bien trop fortement réducteur. Les années 50/60 et le Paris de ces années là ne sont que le décors. Ce livre pourrait être transposé ailleurs sans qu’il n’y perde sa force ou ses qualités…

Pour revenir à nos personnages secondaires, il n’y a pas que des exilés du communisme ; on y trouve également des anarchistes, des jeunes filles en fleur, des idéalistes, Sartre, Kessel… Tout ce beau monde est très bien intégré dans ce roman, sans fausse note. Pas trop de Kessel ni de Sartre, il ne s’agit en rien du sujet du roman… L’histoire en elle-même n’a pas vraiment d’importance. Il s’agit plutôt des rencontres, des personnages qui rendent ce roman exceptionnel… En somme, un très beau roman à lire absolument !