Archives Mensuelles: janvier 2013

Voyages avec ma tante – Graham Greene

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voyage-avec-ma-tanteQuatrième de couverture : Henry Pulling, banquier à la retraite, amateur de poésie lyrique et de jardinage, mène une paisible existence dans sa petite maison de banlieue. Bien ancré dans ses habitudes, il refuse obstinément la moindre interférence dans le courant de sa vie de célibataire. C’est compter sans l’irruption de sa tante Augusta, une femme excentrique de soixante-dix ans, charmante et volage, qui décide d’ouvrir les yeux de son neveu sur un monde résolument autre. Et celui de tante Augusta est sans tabous ni limites, entourée qu’elle fut d’hommes surprenants comme le révérend d’une église pour chiens ou M. Visconti, le grand amour de sa vie. Les voilà donc partis dans un tourbillon de voyages qui leur réserve bien des surprises.

Enfin !! Enfin !!! Après quelques lectures pas franchement transcendantes (mais après tout, c’est moi qui les ai choisies !) je suis tombée sur un petit bijou anglais : de l’humour, des personnages vraiment très bien décrits, une écriture simple et à la fois agréable… Bref, un excellent roman !

Nous avons donc Henry Pulling, un vieux garçon à la retraite qui rencontre sa tante… Henry Pulling est un retraité pleins d’habitudes, ayant vécu une existence et monotone auprès de sa mère. Cette dernière décède et le jour de son enterrement, au crématorium, déboule alors un véritable ouragan : sa tante… Un être fantasque, libre, libre penseur et complètement déjantée. J’ai aimé ce personnage complètement loufoque. Par contre, j’avoue que l’image trouvée sur le net, à savoir la couverture du roman (et qui n’est pas celle du roman que j’ai lu) ne retransmet en rien l’image de tante Augusta que je m’étais faite…

Ce roman a cela de particulier qu’il se passe dans les années 70… Il parle beaucoup de la guerre, de l’Italie. Les paysages, les scènes sont esquissées mais largement suffisant pour nous permettre de totalement nous imaginer dans les histoires de tante Augusta.

La fin quant à elle est étrangement beaucoup plus sombre et glauque que tout le roman, plus conventionnelle également. Mais en résumé, ce livre est pur plaisir : bien écrit, une histoire enlevée, des personnages attachants. Tout pour un coup de coeur !

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empty L’écriture parfois a un pouvoir relaxant… Plus que tout le reste. Ecrire pour oublier le vide, écrire pour le combler, écrire pour exorciser… Mais cela ne change rien à ce vide… Il est partout, il a tout envahi.

Quinze jours, un mois, cela parait court ou long en fonction des moments. Mais au final, cela ne change rien à cette absence. Cette terrible absence, définitive, que rien ne comble et que rien ne peut combler. Le temps est sensé apaiser toutes les douleurs… La mienne ne cesse pas d’exister. Je ne suis même pas certaine qu’elle ait diminué. C’est toujours aussi terrible de supporter cette absence.

L’absence… Il y a plusieurs absence : une absence de quelques jours, de quelques semaines. L’absence définitive mais en sachant que l’autre existe encore… L’absence définitive qui s’appelle la mort.

Jamais le premier soir – Arno Clair

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jamaisQuatrième de couverture : Après avoir divorcé de la mère de ses enfants, Arno Clair s’est inscrit à 48 ans à un site de rencontres. Son libertinage a duré deux ans, jusqu’à ce qu’une belle histoire l’éloigne de son ordinateur. Plus tard, il s’est lancé dans la rédaction de ce livre. Son propos n’était pas d’écrire le récit de ses aventures sentimentales ou sexuelles. D’autres l’avaient déjà fait et cela lui semblait sans intérêt. Simplement, il se trouvait face à une saisissante galerie de portraits féminins et a éprouvé le besoin de parler de ces femmes dans leur diversité, mais unies dans une même frustration amoureuse.
Bien que ce livre ne relève pas de l’étude sociologique, ces « portraits de femmes en quête d’un mec » témoignent d’une réalité dans les rapports amoureux d’aujourd’hui, ils sont le reflet d’une société où les sentiments se conjuguent sur Internet, où le rapport sexuel se décide parfois en quelques clics, où immédiateté rime souvent avec brutalité et où le virtuel apporte à l’émancipation une nouvelle dimension.

Ce livre décrit précisément les relations qui peuvent se créer sur un site de rencontre. Si par hasard vous avez déjà fait l’expérience de ce genre de site, ce livre devrait donc vous interpeller.

J’avoue vraiment m’interroger : mais qui est donc Arno Clair ? J’avoue avoir faire quelques recherches mais je n’ai pas trouvé… Je sais simplement qu’il s’agit d’un écrivain, qui a « traîné » sur Meetic, à la suite de son divorce. L’auteur de ce livre est écrivain. L’écriture, de ce fait, est donc relativement agréable, sans fioriture mais sans être simpliste.

Le livre en lui-même se lit facilement mais il n’est pas vraiment transcendant. Il montre néanmoins une réalité : devenir accro à un site de rencontre, rechercher par dessus tout le besoin de séduire, passer d’une rencontre à l’autre, d’une femme à l’autre pour se reconstruire… Une réalité plutôt glauque, ponctuée de rires, de belles rencontres mais le plus souvent de déceptions. L’auteur nous décrit tout : l’écriture de l’annonce, l’échange de mail, de coup de téléphones, de rencontres… Il reste néanmoins très pudique sur ses propres sentiments, ou très détaché, comme s’il ne souhaitait pas nous les dire.

En somme, ce livre est à lire si vous souhaitez mieux comprendre les nouvelles relations amoureuses qui peuvent se créer aujourd’hui.

Lettres à un ami allemand – Albert Camus

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Albert-Camus-Lettres---un-ami-allemandQuatrième de couverture : Ce livre comporte quatre lettres que Camus adresse à un ancien ami allemand qui est devenu nazi. 

La première lettre date de juillet 1943 ; c’est une réaction à une conversation qu’il a eue, peu de temps avant la guerre, avec l’Allemand qui lui avait dit : « Allons, vous n’aimez pas votre pays ». Il explique alors ce qu’ « aimer son pays » veut dire selon lui. 
La deuxième lettre (écrite en décembre 1943) répond au sourire empressé « dont il saluait le mot  » impatient  » ». Dans cette lettre, il défend l’esprit contre la force.
La troisième lettre date d’avril 1944. Ici, il redéfinit le mot courage, montrant la différence entre le « courage allemand » et le « courage français ».
La quatrième et dernière lettre, rédigée en juillet 1944, montre l’espoir de la liberté qui anime les Français malgré cette « nuit » qui a commencé quatre ans plus tôt.

Il s’agit ici d’un témoignage. L’analyse de ce livre est difficile et il s’agit d’articles de journal, presque des pamphlets sans le ton vraiment virulent. Camus y défend la liberté et la lutte contre le nazisme. Un document court et historique.

Ce que porte la nuit – Scott O’Connor

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cequeporteQuatrième de couverture : Dans une atmosphère décalée à laSix Feet Under, peuplée de marginaux déroutants et profondément attachants, un père et son fils font face à la disparition mystérieuse de la mère. Débordant d’humour et de mélancolie, de suspense et d’émotion brute, un premier roman d’une finesse incroyable, sur la peur de l’abandon et la difficulté du deuil. Un livre qui prend aux tripes et vous secoue tout entier.

Au départ, puisque je n’ai pas lu la quatrième de couverture, (ou alors c’était y’a longtemps, ou alors j’ai oublié), j’ai pensé que je tenais sur ma liseuse un thriller. La couverture en tout cas m’en donnait l’impression… Une chose était sûr, je l’avais classé dans la catégorie : »coup de coeur », c’est à dire, la catégorie à lire absolument… Et donc, je me suis lancée… Et quelle surprise : il s’agit ici d’un roman qui nous raconte une histoire et absolument pas un thriller. Quoique…

Ce livre nous raconte la vie d’un petit garçon, le Kid, souffre-douleur de son collège, qui ne s’exprime que par écrit et de son père, un « nettoyeur »… Nettoyeur de scène de crime ou de suicide. Et l’on pénètre par la petite fenêtre au sein de leur vie. On découvre la vie d’un nettoyeur, ses états d’âme et son travail nocturne… Étrangement, je ne m’étais jamais interrogé sur les nettoyeurs de scène de crime, j’ignorai même qu’il puisse exister un tel métier.

Le Kid est un gamin très particulier, très attachant aussi… L’auteur a réussi ici a dépeindre parfaitement cet enfant, ses relations aux autres, son père et. En somme, aucun personnage ne semble surfait, aucun personnage ne semble pas réel. L’auteur est un magicien : il réussit vraiment à nous plonger au coeur de la réalité du Kid et de son père, de ce drame qui les a marqués profondément… Comment faire face à un deuil ? Comment un enfant gère-t’il la perte de sa mère et comment un père vit avec la mort de sa femme, et de la mère de son enfant.

Toutes les relations ici sont décrites avec justesse, délicatesse. Il n’y a aucun mélo, c’est bien écrit, l’histoire, bien que lente nous porte tout le long du roman… L’auteur égrène les informations au fur et à mesure, dévoilant de plus en plus les deux héros, l’enfant d’abord, puis le père, petit à petit… Il ne s’agit absolument pas d’un huit clos entre le père et le fils bien que parfois nous sommes proche du huit clos, entre les personnages et la nuit. Les personnages secondaires sont quant à eux également très bien dépeints, survolés mais pas oubliés. C’est étrange comme ces personnages secondaires ne sont pas si secondaires dans cette histoire : ils posent le cadre, ils font avancer, nous dévoile une autre partie de l’histoire…

En gros, ce livre est un très bon livre. Il ne s’agit pas d’un coup de coeur, mais on s’en approche fortement ; je n’arrive pas à comprendre néanmoins pourquoi parfois, j’ai eu une sensation d’ennui. L’histoire est parfois longue à se mettre en place, mais c’est aussi cette longueur qui est nécessaire pour que ce roman soit aussi puissant.

La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler – Michel Folco

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hitlerLa jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler « Qu’ils s’appellent Hitler, Capone ou Dillinger, petits ils écoutaient leur mère… Ils ont fait leur chemin dans les affaires. » Eddy Mitchell, L’important c’est de bien aimer sa maman Bien sûr, ses origines furent incertaines. Bien sûr, son talent était médiocre. Bien sûr, sa mère mourut trop jeune. Bien sûr, ses passions n’avaient rien de flamboyant ni d’exceptionnel. La banalité de la jeunesse d’Hitler fait la force de cet ouvrage. Mais au fur et à mesure qu’on avance dans ce livre étrange grandit un personnage dont la détermination, peu à peu, nous perturbe. Car on ne peut décrypter son enfance sans imaginer son avenir, sa puissance destructrice, le pouvoir qu’il exercera sur une grande part de son peuple, lui qui est si peu fascinant. Michel Folco n’est pas biographe, même si ses ouvrages sont minutieusement documentés. Avec toute sa fantaisie, tout son humour décapant, il s’applique à nous conter comment le plus banal des enfants peut receler le plus effrayant des monstres. Le roman, ici, dépasse tous les livres d’histoire. La Saga de Michel Folco (Dieu et nous seuls pouvons, Un loup est un loup, En avant comme avant, Même le mal se fait bien), épopée haute en couleurs, en inventions et en trouvailles narratives, rencontre cette fois un personnage bien réel, trop réel. Et quel personnage ! Celui par qui tant d’injustices et de malheurs vont naître.

J’avoue ne pas vraiment être capable de donner un réel avis sur ce livre… Ni mauvais, ni excellent. L’auteur a une écriture qui rend ce roman vivant, les personnages relativement attachants. Et je pense que c’est de là que vient le hic : tout lecteur a besoin de pouvoir s’identifier un minimum au sujet principal d’un roman, ou à minima de trouver le héros du roman un peu sympathique… Mais qui a envie de trouver Hitler, même enfant, sympathique ? Je pense d’ailleurs que l’auteur a eu cette même ambiguïté : on le sent parfois un peu timide et pas forcément à l’aise avec ce sujet.

Revenons donc au sujet principal, à savoir, l’enfance d’Hitler. L’auteur s’est très bien documenté sur l’enfance d’Hitler. C’est évidemment romancé mais le fonds historique est très sérieux, très bien documenté. Le début du roman pose vraiment les circonstances de la naissance d’Hitler, puis débute le fonds du roman, à savoir comment grandit cet enfant imbus de lui-même, à qui l’on ne dit jamais non, qui découvre le non lorsque les beaux-arts refusent sa candidature…

Ce qui est vraiment dérangeant dans ce roman est l’absence d’horreur… Rien ne présage en lisant cette enfance, somme toute plutôt heureuse, ce que deviendra Hitler. A peine une ébauche de certaines idées dans la fin de ce livre, rien de plus, rien qui présage que cet adolescent deviendra un monstre. En cela, ce roman est une réussite. Mais il ne fera pas partie de mes coups de coeur…

Dis-moi que tu m’aimes – Francisco de Paula Fernández

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dismoiQuatrième de couverture :

Paula, 17 ans, a rendez-vous avec Angel, le garçon qu’elle a rencontré sur Internet et dont elle est tombée amoureuse. Le jour J, elle l’attend, fébrile, mais il n’arrive toujours pas. Elle décide finalement d’entrer dans un Starbucks. C’est là qu’elle croise Alex, un jeune homme très séduisant qui lit le même roman qu’elle. Commence alors un chassé-croisé de rencontres amoureuses. Les trois meilleures amies de Paula, inséparables, assistent à cet imbroglio d’amour, de quiproquos et de rivalités en tous sens !
« Un roman qu’on ne peut pas refermer avant la fin. Les lectrices vont à coup sûr s’identifier à la plupart des aventures, des histoires que toute adolescente a vécues au moins une fois dans sa vie. »
Francisco de Paula Fernandez (qui a pris pour pseudonyme Blue Jeans) est né à Séville. Il commence à écrire l’histoire de Paula sur Internet. Des milliers de lectrices se passionnent pour cette success story, devenue un phénomène littéraire en quelques semaines.

Je pense que l’éditeur a raison… A condition d’avoir 15 ans. Au delà, l’ennui vous guette. Sans compter que ce roman pèse quand même son pesant de pages. Mais la médiocrité s’étale de long en large… C’est ennuyeux, plat et sans vraiment de sens. Un imbroglio amoureux digne des cours du collège. Guère mieux.

Les personnages sont plats, on est dans du mielleux, du romantiques au delà du supportable, des relations relativement fades. Seul bémol : le groupe de filles est plutôt bien décrit et ces personnages là sont relativement attachants. Autrement, les personnages principaux sont des amoureux transits et rien ne semblent bouger dans cette histoire… Néanmoins, l’auteur a pris le partie de décrire chaque scène du point de vue d’un des protagonistes, ce qui est plutôt une bonne idée et cela amène du coup un petit peu de pep’s à une histoire toute fade.

Après une petite recherche sur internet, je suis surprise de voir le nombre de critiques positives que ce livre provoquent et je m’interroge du coup sur mes propres goûts. Peut-être qu’il faut simplement vraiment avoir quinze ans pour apprécier ce roman et que conserver une âme de midinette ne suffit pas ! En résumé, si vous avez plus de 15 ans, ne faites pas comme-moi : passez votre chemin !