Alors Belka, tu n’aboies plus ? d’Hideo Furukawa

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En 1943, l’armée impériale japonaise laisse derrière elle quatre chiens sur une île déserte. Ils la quitteront, et leurs descendants se répandront sur la terre pour chercher, au fil de leur généalogie chaotique, un lieu où ils puissent se sentir véritablement à leur place. Leur terre promise à eux. Ils participeront à toutes les aventures du XXe siècle, sur terre, sur mer, et même au-delà, pour nous donner à lire, dans un prodigieux renversement de valeurs, une nouvelle histoire du monde et adresser en même temps une déclaration de guerre à notre XXIe siècle. Un roman polyphonique au rythme trépidant et d’une insolence extravagante qui remet en cause l’autorité naturelle de l’humanité sur le monde. Un livre hors normes dans la littérature japonaise contemporaine qui repousse stylistiquement encore plus loin les frontières du réel et de la fiction. De quoi est fait le monde, selon vous, sinon de fiction ? Car il s’agit bien, dans ce roman, de lâcher les chiens de la fiction !

 

Ce livre est un ovni, mais une pure merveille. Cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pas autant apprécié un livre. Et il n’est pas franchement aisé d’expliquer pourquoi.

Bon, passons déjà sur l’écriture. C’est relativement fluide, un langage plutôt familier assez facile à lire mais parfois une construction des phrases un peu dure à suivre… L’auteur use et abuse de phrases courtes, sans même un sujet. Mais ce n’est pas dérangeant, cela ajoute plutôt un nouveau rythme au récit.

Après, il s’agit ici d’une critique ouverte de notre monde fait de super-puissance mais l’approche est radicalement différente de ce que l’on peut croiser habituellement : on suit l’histoire de quatre chiens et de leur descendance.
On a ici très peu de place pour l’humain, les humains ne sont pas importants ici. Ici, ce qui est important, ce sont les chiens…

Mais attention, on est très très loin d’un roman sur les animaux. Ces derniers ont bien souvent un coté anthropomorphique, un coté un peu gnangnan et pleins de bon sentiments. Ici, absolument pas !

Donc, on suit la descendance de nos quatre chiens soldats, qui se dissémine à travers le monde entier, passant d’un pays à l’autre, d’une puissance militaire à l’autre. Et son se croise, on se mêle. Des destins canins entre-croisés sans même le savoir… On suit l’histoire humaine à travers le regard des chiens, sans jugement à priori. Pourtant, la critique est bien là, sous-jacente mais jamais vraiment formulé.

Et il y a tellement de poésie parfois au sein de cette histoire, tellement d’inattendu, tellement de… Bref, il est bien difficile d’expliquer ce roman. On saute parfois du coq à l’ane, de l’Histoire (humaine évidemment) à l’histoire de nos chiens, qui subissent cette Histoire. Mais je ne peux dire qu’une chose : j’ai adoré ce livre, je l’ai dévoré avec un vrai plaisir, comme un chien peut dévorer un morceau de viande !

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