Archives Mensuelles: avril 2012

Le livre de sang T1 de Clive Barker

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Quatrième de couverture :

Sur le corps de Simon McNeal s’écrit le Livre de sang. Des tatouages d’histoire de souffrance, d’horreur, de perversion. Voilà sa punition pour s’être joué des morts. Un voyage d’effroi relaté à travers des nouvelles dérangeantes qui vous hanteront, s’imprégnant en vous tels ces tatouages dont l’encre s’est nourrie de démence, de monstruosité et parfois d’humour (noir bien sûr). Car les morts ont bien des choses à raconter, un testament de chairs arrachés et de destins sanguinolents. La confrontation avec un « boucher» dans le métro new-yorkais, d’étranges cochons dans un centre de réhabilitation, un démon débutant tentant de tourmenter un importateur de cornichons, des collines de corps entrelacés. Et ce n’est qu’un début. Cinq autres volumes vous attendent. Clive Barker, à qui l’on doit notamment la série de films Hellraiser, s’impose comme un des grands maîtres de l’horreur.

Il s’agit ici d’un grand maitre de l’horreur qui traite avec brio son thème. Pourtant, j’avoue, au bout d’un moment, ces petites histoires m’ont lassé… Pourtant franchement, aucun défaut : c’est bien amené, même si les histoires sont courtes, les personnages sont attachants mais voilà. J’ai pas accroché. Je pense que je ne suis pas douée avec les histoires trop courtes. Trop peu de temps pour s’identifier, trop peu de temps pour apprécier.

A réserver aux amateurs du genre donc !

Gilfriend dans le coma de Douglas Coupland

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Quatrième de couverture :

Conte new age et acidulé, Girlfriend dans le coma dynamite l’American Way of Life version fin de siècle. Karen Ann McNeil, adolescente et extralucide, tombe dans le coma à la fin des seventies pour se réveiller dix-sept ans plus tard. Et que découvre-t-elle ? À l’Est, les Russes ne sont plus nos ennemis, à l’Ouest, l’amour est devenu mortel et, partout, sa génération sombre dans un vaste gouffre existentiel. Même Richard, son petit ami, a suivi une bien mauvaise direction…
Par cette fable mystique sur une jeunesse en manque d’idéaux, l’auteur de Microserfs et de Génération X, brosse le portrait d’une époque désenchantée en quête d’authenticité.
«Après l’ironie douce-amère du roman culte Génération X, l’auteur se fait mélancolique et métaphysique pour réussir l’un de ses meilleurs livres à ce jour.»

Nous allons ici suivre pendant plus de vingt ans la vie d’un groupe d’amis : Richard, Karen, Pam, Hamilton, Linus et Wendy. Ces amis vont subir un drame à l’age de 16 ans : la perte d’un autre de leurs amis, Jared, mort brutalement d’un leucémie. Un second drame va intervenir : Karen va tomber dans le coma.Nous continuerons à suivre néanmoins la vie des autres, tout d’abord par la vision qu’en a Richard, puis lors du réveil de Karen, celle-ci prend alors la parole.
Puis la dernière partie est racontée par Jared…

Pour être tout à fait honnête, autant où les deux premières parties se suivent sans aucun problème, avec plaisir même tant les personnages sont bien décrits et attachants. Une vraie qualité pour ce récit : Coupland nous emmène dans son monde à la suite de ces personnages avec plaisir, d’une façon assez poétique et douce, c’est fluide et agréable. Mais la fin de la seconde partie et de la troisième partie nous plonge dans une sorte de science-fiction ou de fantastique que j’ai trouvé un peu malvenu… Je ne sais pas, je ne m’attendais pas à cela : je pensais qu’il s’agissait d’un roman mais pas d’une oeuvre  qui nous emmène à la limite de la science-fiction.

Le réveil de Karen et la description du monde qu’elle en fait, de ce qui la gène, ce qui lui semble étrange est par contre une vraie critique de notre société devenue une société de consommation, uniquement orientée vers le travail. Le fameux « métro-boulot-dodo » . Son constat sur l’évolution de ses amis est amer : son impression est qu’ils ne sont pas devenus des adultes… mais au final, on peut s’interroger sur ce que c’est qu’être adulte.
Plus globalement, il s’agit ici effectivement d’un conte où l’on peut se poser la question fatidique, qui hante toujours plus ou moins les adultes d’aujourd’hui : qu’avons-nous fait de nos 20 ans et de nos rêves de cette époque ? Comment avons-nous grandi ? Avons-nous vraiment évoluer ? Vraiment changer ?

Bon, au final, il s’agit ici d’un livre que j’ai bien apprécié mais sans réel coup de cœur.

Le dernier testament de Ben Zion Avrohom – James Frey

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Quatrième de couverture :

Dans ce livre, j’essaye d’imaginer l’histoire telle qu’elle serait si le Messie, ou Jésus-Christ, était toujours vivant et vivait à New York en plein XXIe siècle. À quoi est-ce qu’il ressemblerait, en quoi est-ce qu’il croirait, comment est-ce qu’il vivrait ? Il aurait des liaisons avec des hommes, engrosserait les filles, il soignerait les malades et pratiquerait l’euthanasie…
Et vous, que feriez-vous si vous le rencontriez ? Mon but n’était pas de réécrire l’histoire du Christ. Je voulais créer une nouvelle mythologie, une qui ait du sens dans un monde d’armes nucléaires, de connaissances scientifiques avancées, d’Internet, de tests et de manipulations génétiques, un monde où l’on ne considère plus l’homosexualité comme un choix. Ce que je voulais, c’était raconter une histoire, faire une oeuvre d’art qui prenne tout son sens dans un monde sur lequel nous savons des choses que les gens ou les écrivains ne pouvaient pas savoir, ni même imaginer, il y a 2000 ans. Ai-je atteint mon but ? Les lecteurs, le temps, et l’Histoire me le diront. »
James Frey

Voilà un étrange évangile : 12 apôtres racontent l’histoire d’un nouveau messie : Ben Zion Avrohom. Que se passerait-il si aujourd’hui, un nouveau messie arrivait sur terre ? Nous suivons durant tout cet évangile la vie de ce nouveau messie, à travers les récits de ses apotres. Cela ne vous rappelle pas un autre livre ?
Pourtant, intégristes de tout bord, passez votre chemin. James Frey signe ici une fiction franchement anti-religion, anti cléricale, anti monde moderne… Et j’ai trouvé cela franchement réussi !

L’écriture de ce livre est parfois déroutante : chaque apôtre raconte une partie de l’histoire, selon sa façon de parler ou de vivre. Parfois, le langage parlé peu rapidement devenir lourd. Mais le livre est suffisamment intéressant pour que l’on passe rapidement sur ce léger travers.

Revenons à notre histoire : Ben Zion Avrohom est une sorte de paumé, ayant eu une enfance malheureuse, au sein d’une famille juive qui a finit par se reconvertir en une famille chrétienne intégriste. L’intégrisme est particulièrement bien décrit, dans ce qu’il a de plus intense et de plus révoltant. Le frère du Messie, un intégriste, fait mener à sa famille une vie d’enfer… L’enfer sur Terre pour connaitre la fameuse rédemption du paradis. Étrange ironie.

Ce livre raconte l’ascension de ce nouveau messie : Ben Zion Avrohom. Un messie étrange, communiquant avec Dieu – forcément – reconnu par tous comme ce nouveau messie. Les signes le prouvent, depuis que Ben Zion est petit. Les rabbins l’avaient prédis et cela a changé sa vie. Son ascension est lente, peuplé de rencontres et de travers… Mais une fois que cela est fait, les miracles pleuvent. Il prêche sans prêcher, il ne juge pas, il dispense sa parole, sa vérité sans l’imposer. Mais sa parole n’est en rien celle des livres saints, que ce soit la bible, le coran ou les autres livres religieux… Il prône une étrange nouvelle religion dont l’amour est le fer de lance. Et ces nouveaux apôtres et disciples répandent cette bonne parole…

Bon pour être entièrement honnête, James Frey a tout fait pour choquer, pour provoquer chez son lecteur une réaction, même si celle-ci est de jeter son livre au loin. Franchement anticlérical, franchement anticapitaliste, ce livre décortique et montre une Amérique et un monde moderne perverti par la religion, l’argent, où il n’y a plus signe d’espoir ni de compassion ; la fin du livre est dramatique et touchante.

Ce livre a vraiment été une découverte et un vrai coup de cœur ; il fait réfléchir et nous interroger sur notre monde moderne, sur notre approche de l’humain, sur les valeurs de notre société. Bien évidemment, il s’agit parfois de portes ouvertes mais il n’empêche…

Lettres d’amour de 0 à 10 de Susie Morgenstern

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Quatrième de couverture :

Ernest a dix ans.
Dix ans de vide : sa mère est morte le jour de sa naissance et son père a disparu. Dix ans d’ennui : sa vie avec sa grand-mère, prénommée Précieuse, n’a rien de très exaltant : école, goûter, devoirs, soupe. Pas de téléphone, pas de télévision. Seule distraction : une mystérieuse lettre que le grand-père d’Ernest avait envoyée du front pendant la guerre, une lettre indéchiffrable. Ernest est bon élève, solitaire et taciturne, pour ne pas dire muet.
Jusqu’au jour où Victoire de Montardent arrive dans sa classe et jette son dévolu sur lui. Car Ernest est beau, ce que les autres filles de la classe avaient déjà remarqué…

Il s’agit ici d’un roman jeunesse…  Et je dois faire un aveu : je ne m’en suis absolument pas rendue compte en le lisant ! L’histoire présentée ici est touchante, absolument pas larmoyante mais vraiment des petits bouts de vie très vrais…L’écriture donne parfois l’impression d’être un peu légère (ce que je comprends mieux à présent que je sais qu’il s’agit d’un roman jeunesse !). Il ne s’agit pas de grand roman mais il fait suffisamment réfléchir sur les relations humaines pour être totalement conseillée aux enfants…

 

Level 26 d’Anthony E.Zuiker

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Quatrième de couverture :

Les policiers du monde entier répartissent les criminels sur une échelle de 1 à 25, selon leur dangerosité. Un tueur échappe à cette classification. Cruel à l’extrême, insaisissable, sévissant sur tous les continents, il ne connaît aucune limite ni aucun mode opératoire de prédilection : c’est le niveau 26.

Ce livre est un très bon thriller, bien prenant, parfois un peu violent mais franchement, le premier tome de la trilogie est suffisamment bien écrit pour qu’on le lâche difficilement avant la fin, avant de connaitre le dénouement complet de cette chasse à l’homme, cette chasse à ce meurtrier de niveau 26.

Bien évidemment, certaines parties de l’histoire sont très, voir trop prévisibles mais cela se pardonne très facilement. L’écriture est franchement agréable, avec quelques facilités, mais les scènes se succèdent à une allure folle et il est très difficile de lâcher cette histoire avant la fin.

La véritable nouveauté de ce roman est que l’auteur a tourné des petites séquences que l’on peut aller piocher, au gré de nos envies sur le site, en entrant le mot de passe adapté à la séquence choisie. Les petits bouts de films ajoutent un peu de piquant à l’histoire. C’est tellement inhabituel en fait que cela rend vraiment ce livre étonnant. Par contre, un peu difficile de lire tout en restant scotché à son pc pour voir ces fameuses séances vidéos.

Le second tome de la trilogie est assez décevant. L’histoire est beaucoup moins prenante, bien moins palpitante que le tome 1. I Le dernier tome rattrape avec brio ce second tome décevant. La course poursuite, à travers le monde, d’un nouveau serial killer de niveau 26 est vraiment rondement menée, prenante et suffisamment plaisante pour qu’on ne lâche pas ce tome facilement.

Franchement, il s’agit ici d’une très bonne trilogie : l’auteur sait se renouveler même si avouons le, le premier tome est décidément le meilleur.

Mon amoureux et moi d’Isabelle Minière

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De la jeune fille à la vieille dame, chaque femme de ce recueil nous donne des nouvelles de l’amour. Leur amoureux, comment elles l’ont connu, comment elles l’ont aimé, chacune à sa façon, avec passion, avec tendresse, ou avec gourmandise, c’est selon ; comment l’amour fait souffrir et comme il fait plaisir, les deux à la fois le plus souvent. De la légèreté, de la gravité, de la fantaisie, de l’humour et un zeste de citron. De la sensualité, des sentiments, de la douceur, de l’ironie et une pincée de piment. Un cocktail surprenant, et pourtant si familier, qu’on soit un homme ou une femme. Mon amoureux et moi, c’est un peu vous, c’est un peu moi, c’est un peu nous tous, ou bien ça pourrait l’être. On a tous en nous un amoureux ou une amoureuse qui espère, qui s’inquiète ou qui jubile. Jubilons !

Des petites histoires, légères et douces, amères ou tendres… Des histoires de rencontres entre un amoureux et son amoureuse. Des morceaux de vie qui défilent,  des petits bouts d’amour tendre ou cruel…

Ce livre est bien écrit, bien amené. Les histoires sont tour à tour drôles ou cruelles…  Les personnages pourtant sont assez attachants, les petites histoires écrites à la première personne sont lues rapidement, avec plaisir… Mais voilà, ce livre ne m’a pas vraiment convaincue, pas vraiment émue. Peut-être est-ce parce qu’il est difficile de s’attacher vraiment à des personnages en une dizaine de pages seulement ?

La couleur de la peau Ramon Diaz Eterovic

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Synopsis :

Comme beaucoup de jeunes Péruviens, Alberto Coiro est venu chercher du travail à Santiago du Chili, et lorsqu’il disparaît brutalement Heredia, le détective privé mélancolique et désabusé, se laisse persuader de partir à sa recherche. Il explore, sous la conduite d’un vieil homme, l’univers des vagabonds et des chiffonniers qui, la nuit, envahissent la ville. Il découvre les réseaux de jeux clandestins, les salles de billard, le trafic de cocaïne et tout un monde de personnages glauques. Mais il croise aussi le sourire de la jolie Violeta et se laisse émouvoir.
Dans son enquête il est aidé par les conseils philosophiques de Simenon, son chat. Flanqué de ses complices habituels, Serón le flic à la retraite, Anselmo le kiosquier turfiste et le journaliste Campbell, il nous montre le Santiago de l’émigration et du racisme.

Pas grand chose à rajouter. Pour une fois, une quatrième de couverture résume parfaitement le livre. L’écriture de Ramon Diaz-Eterovic est extrêmement agréable, c’est fluide, c’est lisse… Bref, vraiment aucun reproche à faire sur sa façon de nous emmener à la suite d’Heredia, un détective privé. L’action dans ce polard n’est pas vraiment haletante mais pourtant, il est très difficile de lâcher Heredia. Ce dernier nous promène dans les bas-fonds de Santiago du Chili, de bars en tripots, de questions en supputations.

Étrangement, Ramon Diaz-Eterovic ne nous décrit pas vraiment Santiago mais plutôt son ambiance, certaines de ses rues et ses bas-fonds. Les personnages rencontrés sont bien campés, les descriptions des ambiances et des lieux sont tout simplement parfaites. Le personnage d’Heredia est relativement sombre, poète, alcoolique, accro à la littérature et aux vieilles citations… Un personnage riche en couleur franchement attachant.

Dernière petite chose : le roman est écrit à la première personne du singulier. Le « je » est très bien emmené. Habituellement, les romans écrit ainsi sont relativement fades. Pourtant ici, c’est exactement ce qui fallait pour que l’on suive et s’attache à Heredia.

Comme beaucoup de jeunes Péruviens, Alberto Coiro est venu chercher du travail à Santiago du Chili, et lorsqu’il disparaît brutalement Heredia, le détective privé mélancolique et désabusé, se laisse persuader de partir à sa recherche. Il explore, sous la conduite d’un vieil homme, l’univers des vagabonds et des chiffonniers qui, la nuit, envahissent la ville. Il découvre les réseaux de jeux clandestins, les salles de billard, le trafic de cocaïne et tout un monde de personnages glauques. Mais il croise aussi le sourire de la jolie Violeta et se laisse émouvoir.
Dans son enquête il est aidé par les conseils philosophiques de Simenon, son chat. Flanqué de ses complices habituels, Serón le flic à la retraite, Anselmo le kiosquier turfiste et le journaliste Campbell, il nous montre le Santiago de l’émigration et du racisme.