La beauté contre le temps

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Source : Wikipédia

Le 12 janvier 2007, Joshua Bell a participé à une expérience menée par The Washington Post à une heure de pointe le matin dans le hall d’une station de métro à Washington. Cet évènement a été organisé par le journal dans le cadre d’une expérience de psychologie comportementale sur la perception, les goûts et les priorités.

Joshua Bell a ainsi joué trois quarts d’heure et a pu récolter 32 dollars (pour un total de sept personnes seulement qui se sont arrêtées un instant pour l’écouter jouer, et sans compter les 20 dollars laissés par l’unique personne l’ayant reconnu).

Le point-clé de cette expérience apparut lorsqu’il eut fini de jouer. En effet, il n’y eut aucune réaction, aucun applaudissement. Une seule personne l’avait reconnu. Personne ne savait que ce violoniste était célèbre, et qu’il venait de jouer sur un Stradivarius célèbre de 1713, le Gibson ex-Huberman, acheté par le violoniste quelques années auparavant 3,5 millions de dollars, ni que deux jours auparavant il avait joué au théâtre de Boston à guichet fermé pour des spectateurs qui avaient payé leur place jusqu’à 100 dollars.

La conclusion du journaliste revient à se demander : « Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l’apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? ». Cette expérience et surtout l’article qui fut publié valurent à son auteur, le journaliste Gene Weingarten, un Prix Pulitzer en 2008.

Etrangement, cela ne m’étonne pas vraiment. Lorsque l’on est pressé, notre cerveau est focalisé sur une idée, sur cette idée du temps qui passe : rentrer chez soi, se rendre au travail, le plus vite possible… Combien de fois sommes-nous passés à coté de ce genre de talent ? Combien de fois avons-nous oublié ou pas fait attention ainsi à notre environnement ? C’est fortement humain : il suffit de voir lorsqu’on est obnubilé par quelque chose. Notre cerveau est incapable de sortir de nos pensées, de nos soucis… Alors voir la beauté lorsqu’il n’y est pas préparé… Je suis surprise parfois de constater dans une rue dans laquelle je passe régulièrement certains détails ou certains graffitis. Je ne suis capable de les remarquer que lorsque je flâne… Je serai sûrement passé à coté de ce musicien… J’aurai sûrement apprécié sa musique le temps de le croiser et le temps qu’elle m’accompagne dans les couloirs, mais pas plus…

 

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Une réponse "

  1. Il s’agit aussi d’un centre d’intérêt. La musique, classique ou autre est perçue différemment selon l’accoutumance de la personne. En tant que musicien et amoureux des mélodies, je pense que je me serais arrêté, comme je me suis arrêté plusieurs fois dans ces stations de métro de New York écouter ces parfaits inconnus, la plupart du temps quidam SDF, et qui jouaient merveilleusement de la guitare, de la batterie, ou des show de dance hip-hop. Le public New-Yorkais est habitué à voir des musiciens doués gagner leur vie, ce qui fausse cette étude.

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