La centrale d’Elisabeth Filhol

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Quatrième de couverture :

Quelques missions ponctuelles pour des travaux routiniers d’entretien, mais surtout, une fois par an, à l’arrêt de tranche, les grandes manoeuvres, le raz-de-marée humain. De partout, de toutes les frontières de l’Hexagone, et même des pays limitrophes, de Belgique, de Suisse ou d’Espagne, les ouvriers affluent. Comme à rebours de la propagation d’une onde, ils avancent. Par cercles concentriques de diamètre décroissant. Le premier cercle, le deuxième cercle… le dernier cercle. Derrière les grilles et l’enceinte en béton du bâtiment réacteur, le point P à atteindre, rendu inaccessible pour des raisons de sécurité, dans la pratique un contrat de travail suffit. Ce contrat, Loïc l’a décroché par l’ANPE de Lorient, et je n’ai pas tardé à suivre.

Ce livre est un roman, pourtant pour tous ceux qui connaissent le nucléaire il ressemble à un reportage. Un reportage non édulcoré, un reportage où chaque mot parle, où chaque phrase est un rappel du quotidien. Ici, il s’agit du quotidien d’un nomade du nucléaire, un des pires, un intérimaire, non pas engagé par une boite de presta (prestataire) mais un de ceux qui suivent à l’année les arrêts de tranche, espérant se faire embaucher pour le temps de l’arrêt de tranche… Pour eux, pas de CDI, pas primes de grand déplacement… Rien que de la précarité. Rien que de la dose…
Dans un milieu rude, un microcosme où tout le monde se connait ou presque, ou chacun sait les rumeurs… Avec en toile de fonds la centrale, les doses que prennent les prestataires et que l’on colle au vert lorsqu’ils ont atteints leur fatidique 20mSv… Parfois dès le mois de mai… Mais pour ces fameux intérimaires, avec quoi vont-ils vivre s’ils se retrouvent au vert ?

Ce livre reprend donc un quotidien que vivent des milliers de prestataires, travaillant dans les centrales. Aucun mot n’est inconnu et j’ai presque eu l’impression que ce roman aurait pu être écrit par un collègue tellement il est criant de vérité. Il raconte une histoire, en toile de fonds, un accident comme un autre, qui a réellement eu lieu.  Le narrateur est celui qui a vécu l’accident. Il s’agit d’un  ; il raconte également d’autres petites histoires liées aux centrales nucléaires : comment des militants de Greenpeace peuvent faire irruption dans une centrale, comment Tchernobyl a pu avoir lieu, tout cela raconté par un narateur désabusé.
En fait, j’ignore si quelqu’un ne travaillant pas dans le nucléaire comprendrait réellement ce roman. Il est parfois technique… Pour quelqu’un ne connaissant pas le nucléaire, qu’est-ce que cela signifie « prendre de la dose » ? Cela peut même sembler complètement incongru de voir des hommes qui passent la majorité de leur vie en camping pour pouvoir bosser sur des centrales.

Ce roman est très court : 91 pages. Mais il décrit fort bien ce milieu. Il décrit à merveille les sentiments des travailleurs « nomades » du nucléaire, les différentes espèces que l’on peut croiser et la lassitude de risquer sa vie…

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