Critique party !

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criticize_FullOui, je sais. Ce livre que j’ai critiqué (« L’égoïste romantique » de Frédéric Beigbeder) continue néanmoins à me surprendre par ses petites phrases qui m’amènent à réfléchir.

Le critique n’aime pas vivre. Le critique n’a pas de souvenirs personnels : ceux des artistes les remplacent. Les œuvres des autres le protègent de l’existence. L’art remplace la vie qu’il n’a pas. De plus en plus d’habitants de la planète vivent ainsi dans le monde merveilleux des critiques : celui où les problèmes disparaissent, celui où la tristesse vient d’une chanson d’amour, celui où des personnages aussi élégants que fictifs souffrent à notre place.

J’ai déjà fait la critique des critiques littéraires, qui s’arrogent le pouvoir de dire ce que je dois aimer ou non, ce que je dois comprendre ou ne pas comprendre dans un livre, en m’expliquant pourquoi je dois aimer tel livre et en détester un autre…. Sûrement parce qu’il est beaucoup plus simple de critiquer que de créer, que d’inventer… Critiquer est facile, naturel. Trouver les défauts chez l’un ou chez l’autre est aisé, trop même… C’est tellement plus simple que d’inventer, que de créer quelque chose… Tellement plus simple finalement qu’assumer nos propres défauts et imperfections.

C’est un peu le même principe que ces gens qui n’osent pas parler anglais, ou faire quelque chose. Par peur. Peur du jugement des autres. Parce que la critique est tellement dans notre nature qu’on en oublierait presque parfois l’indulgence.

La seconde partie de la réflexion m’a faite réagir. Je l’ai trouvé très vrai. Nous cherchons tous plus ou moins à fuir nos réalités, quelqu’en soit le moyen : la télé, l’ordinateur, les mmorpg ou les jeux de rôles, les livres. Est-ce néanmoins une catastrophe ?

J’ai une opinion très tranchée et très « bobo » sur la télé, que je considère comme un instrument uniquement présent pour abrutir les foules et faire varier les tensions. Un coup, nous avons les banlieues qui explosent, ce qui permet d’oublier le reste et faire monter certaines tensions… Puis, on nous montre des guerres loin de chez nous, menées dans des pays lointains par des vilains méchants pas beaux, ce qui nous permet d’oublier sans soucis de regarder à nos portes, de regarder dans la rue… de voir la misère qui s’étale sous nos yeux sans que nous fassions un geste pour y remédier. Même illusion… Même critique. Facile de critiquer Israel par exemple, en oubliant de regarder ce qui se passe dans notre propre pays…

Est ce illogique de vouloir s’évader de cette réalité ? Mais est-ce réellement la chose à faire ? En fermant les yeux sur la politique, sur les conditions de vie de beaucoup de français, sur toutes ces choses qui révoltent, est-ce que dans un sens on ne permet pas à ces choses d’exister ? Mais il est compréhensible qu’on veuille parfois se détacher de tout cela, quelque soit l’implication que l’on a… Et y a t’il quelque chose de plus humain que de se réjouir lorsqu’on se rend compte que finalement, il y a bien plus malheureux que nous… Finalement, n’est ce pas à cela que servent les films qu’on nous sert ? Avec en prime, cette petite morale du « happy end »… Ou finalement, l’espoir que le bien finit toujours par triompher et que tout peut s’arranger…

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