Archives Mensuelles: juillet 2009

Un rêveur révolté : Banksy

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Une découverte en images, parce que finalement, les mots sont dérisoires pour décrire cette œuvre puissante.

Le nom de l’artiste : Banksy . Toutes les images ici présentées sont de lui. Elles ne sont bien évidemment pas libres de droit. Inutile de le rappeler je suppose ?

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L’une des marques de fabrique de l’artiste : des rats. Qu’il associe souvent à l’espèce humaine. J’avais lu une fois, je ne sais plus où et je ne me souviens plus qui a écrit cela qu’en résumé, si le rat avait taille humaine, cette espèce dominerait le monde. Chez Bansky, les rats sont humanisés, très humanisés. Ils mettent un accent sur certaines choses, ils sont un clin d’œil… Ils se retrouvent un peu partout dans le monde.

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Je me demande d’ailleurs si certaines de ses oeuvres sont présentes à Paris ? Paris n’est bien évidemment pas en manque d’artistes de rue, avec notamment Miss Tic, qui allie poésie et coup de gueule aussi bien que Bansky.

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Ces rats, si humains sont bien souvent humoristiques. Ils dépeignent si bien nos travers. Dans bons nombres de ces œuvres, les rats sont là pour nous montrer nos propres défauts, nos propres illogismes. Et cela en fait des oeuvres terriblement puissantes.

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Certaines de ses œuvres sont très connues. Connues visuellement, mais j’ignorai toujours qui les avait faites. Finalement, n’est-ce pas un beau compliment pour un artiste, que son oeuvre soit plus connue que lui-même ?

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J’ai toujours été touchée par cette image. Le rouge du ballon qui s’envole, la fillette qui cherche à le retenir. Et cette petite phrase, qu’on apperçoit qu’à la fin : « There is always hope »… L’espoir de voir le vent ramener ce ballon ? L’espoir que ce ballon finisse dans les mains de quelqu’un d’autre, qu’il apporte un peu de bonheur… Il y a toujours de l’espoir… Même lorsque nos jouets s’envolent.

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Et ce jeteur de fleurs… Faire la guerre à coup de bouquets de fleurs… Souchon n’aurait pas pu rêver mieux… La différence également entre les fleurs, en couleur et la silhouette masquée fait également que cette oeuvre « ressort » un peu plus…

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Cette image, je la connaissais également. Il existe tout un tas de powerpoint et autre qui la reprenne, sans jamais rendre justice à son auteur. Elle est drôle.  Pour la petite histoire, elle a été peinte sur un mur d’une clinique sexuelle. A n’en pas douter, il s’agit ici de quelque chose de réfléchi et pas simplement l’opportunité d’un mur vide ! Et cette image devait être effacée, mais le conseil municipal a voté pour qu’elle soit gardé. Je ne peux que remercier le conseil municipal de Bristol d’avoir eu cette bonne idée.

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Il ne s’agit pas ici d’un graph, ni même d’une oeuvre que l’on trouve dans la rue. Mais elle m’a énormément amusée. Et elle fait aussi partie de ces images que je connaissais.

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Bansky voyage également. Il décore certaines parties du monde. Le Mali ici est représenté. J’aime cette poésie, j’aime aussi l’idée d’offrir aux africains des oeuvres d’art. Nous les avons tellement pillé qu’il est juste de leur donner parfois une partie de nos chef-d’oeuvres.

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Bansky a également été « décoré » le mur séparant la Palestine d’Israel. Un palestinien lui aurait dit qu’il aimait beaucoup sont travail mais qu’il devait arrêté… Qu’il rendait le mur joli. Alors qu’ils ne voulaient pas de mur…

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Je me suis souvent demandé comment les photographes de guerre, les journalistes pouvaient faire leur métier en observant les gens en train de mourir. Visiblement, je ne suis pas la seule à me poser cette question. Et cette image est tellement choquante, marquante. N’est-ce pas là le but d’un artiste que de nous faire réfléchir, que de nous imposer une image choc afin de critiquer une partie de notre monde ?

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Et cette dernière image, elle est là pour me rappeler qu’un artiste c’est avant tout quelqu’un qui est là pour rendre le quotidien merveilleux… Je n’imagine même pas mon sourire si je me reveillais un matin avec une image comme celle-ci devant ma fenêtre ou le plaisir que j’aurai de la découvrir au détour d’une promenade…

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Critique party !

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criticize_FullOui, je sais. Ce livre que j’ai critiqué (« L’égoïste romantique » de Frédéric Beigbeder) continue néanmoins à me surprendre par ses petites phrases qui m’amènent à réfléchir.

Le critique n’aime pas vivre. Le critique n’a pas de souvenirs personnels : ceux des artistes les remplacent. Les œuvres des autres le protègent de l’existence. L’art remplace la vie qu’il n’a pas. De plus en plus d’habitants de la planète vivent ainsi dans le monde merveilleux des critiques : celui où les problèmes disparaissent, celui où la tristesse vient d’une chanson d’amour, celui où des personnages aussi élégants que fictifs souffrent à notre place.

J’ai déjà fait la critique des critiques littéraires, qui s’arrogent le pouvoir de dire ce que je dois aimer ou non, ce que je dois comprendre ou ne pas comprendre dans un livre, en m’expliquant pourquoi je dois aimer tel livre et en détester un autre…. Sûrement parce qu’il est beaucoup plus simple de critiquer que de créer, que d’inventer… Critiquer est facile, naturel. Trouver les défauts chez l’un ou chez l’autre est aisé, trop même… C’est tellement plus simple que d’inventer, que de créer quelque chose… Tellement plus simple finalement qu’assumer nos propres défauts et imperfections.

C’est un peu le même principe que ces gens qui n’osent pas parler anglais, ou faire quelque chose. Par peur. Peur du jugement des autres. Parce que la critique est tellement dans notre nature qu’on en oublierait presque parfois l’indulgence.

La seconde partie de la réflexion m’a faite réagir. Je l’ai trouvé très vrai. Nous cherchons tous plus ou moins à fuir nos réalités, quelqu’en soit le moyen : la télé, l’ordinateur, les mmorpg ou les jeux de rôles, les livres. Est-ce néanmoins une catastrophe ?

J’ai une opinion très tranchée et très « bobo » sur la télé, que je considère comme un instrument uniquement présent pour abrutir les foules et faire varier les tensions. Un coup, nous avons les banlieues qui explosent, ce qui permet d’oublier le reste et faire monter certaines tensions… Puis, on nous montre des guerres loin de chez nous, menées dans des pays lointains par des vilains méchants pas beaux, ce qui nous permet d’oublier sans soucis de regarder à nos portes, de regarder dans la rue… de voir la misère qui s’étale sous nos yeux sans que nous fassions un geste pour y remédier. Même illusion… Même critique. Facile de critiquer Israel par exemple, en oubliant de regarder ce qui se passe dans notre propre pays…

Est ce illogique de vouloir s’évader de cette réalité ? Mais est-ce réellement la chose à faire ? En fermant les yeux sur la politique, sur les conditions de vie de beaucoup de français, sur toutes ces choses qui révoltent, est-ce que dans un sens on ne permet pas à ces choses d’exister ? Mais il est compréhensible qu’on veuille parfois se détacher de tout cela, quelque soit l’implication que l’on a… Et y a t’il quelque chose de plus humain que de se réjouir lorsqu’on se rend compte que finalement, il y a bien plus malheureux que nous… Finalement, n’est ce pas à cela que servent les films qu’on nous sert ? Avec en prime, cette petite morale du « happy end »… Ou finalement, l’espoir que le bien finit toujours par triompher et que tout peut s’arranger…

Parlez moi d’amour…

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love_hate_t-shirtOui, il s’agit encore de citations, toujours du même livre : « L’égoïste romantique », de Frederic Beigbeder.

Amusant d’ailleurs ce livre. Je le trouve particulièrement ennuyeux, sans grand intérêt. Mais toutes les dix pages, plus ou moins, une ou deux phrases me touchent, m’interpellent et m’invitent à réfléchir… M’obligeant ainsi à continuer de lire. Conclusion, je continue, tout en me disant que je n’aime pas ce bouquin… Trop cynique, trop détaché de ma réalité. Trop loin et trop réel. Même pas l’occasion de rêver. C’est simplement en dehors mon monde. Mais parfois, un peu comme avec le genre humain en fait, une bonne surprise, au milieu de tout ça… Quelques phrases qui me font réagir.

« Toutes mes déclarations d’amour arrivent soit trop tôt, soit trop tard. Parce que je ne dis « je t’aime » que pour séduire ou rassurer ».

Quand je parlais de cynisme. Cynisme et à la fois tellement réel. L’expression « je t’aime » a une particularité : elle n’a pas la même signification selon la personne qui la prononce. Pour certain, il s’agit de quelque chose de presque anodin, de naturel, signifiant plus un « je suis bien là avec toi » qu’autre chose. Pour d’autre, il signifie un engagement profond. Comment, une même expression peut prendre des significations aussi différentes selon les individus ? Est-ce que c’est parce que nous touchons aux sentiments ?

Cet écrivain cynique découvre néanmoins l’amour, un peu par inadvertance. A force de courir après, de le fuir, il le découvre…

« Je crois que je voudrais consacrer ma vie à l’empêcher de crever. »

« L' » représente ici la femme qu’il aime. Ou qu’il croit aimer. Bref, assez peu d’importance. J’aimais juste cette phrase, réductrice au possible, proche d’une utopie adolescente… Aimer quelqu’un se résume à simplement vouloir qu’il soit en vie. Réducteur. Irrésistible. On retrouve ici l’idée d’amour adolescent, dévastateur et ravageur.

Et dernière phrase, pour continuer dans le mielleux et le terriblement romantique :

« L’amant idéal est un obsédé doux : c’est son coeur qui bande. »

Ma langue dans ta langue.

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La quête du titre le plus naze continue, je ne désespère pas.

En ce moment, je lis « L’égoïste romantique », de Frédéric Beigbeder.

Et quelques phrases m’ont amusé, notamment sur le langage, à travers l’Europe.

Les Belges disent « savoir » à la place de « pouvoir ». « Je ne sais pas le faire » signifie « je ne peux pas le faire ». Donc pour eux, un impuissant est simplement un ignorant.

Cette remarque sur l’utilisation du verbe savoir à la place de pouvoir, je me la suis longtemps faite. Les belgicismes sont nombreux : « la toilette » au lieu de « les toilettes ». Une légende urbaine raconte que c’est parce qu’en France, il faut en faire plusieurs pour en trouver une propre. Mais il existe encore des cas invraisemblables d’autres petits belgicismes qui me font tiquer dès qu’un belge les utilise.  Pas qu’un belge, soyons honnête. Le français, déjà en France varie d’une région à l’autre. Il varie encore plus selon qui le parle : un belge, un suisse, un québécois… Les disparités régionales rendent certains dialogues comiques, et dénote peut-être aussi d’une certaine fierté à parler une langue plutôt qu’une autre. Il suffit de voir le peu d’anglicisme qu’utilisent les québécois pour s’en rendre compte. Mais l’Europe ne se limite pas au français, fort heureusement. Et plus loin ,une autre citation m’a amusé.

Savez-vous comment on dit « godemiché » en espagnol ? Consolador. C’est charmant, non ? On entend à le fois « consoler » et « consolider », ce qui recadre assez bien l’utilité de l’objet.

Les faux-amis, en espagnol. Tout une histoire et une poésie. Le mot consolador, j’y entend surtout consoler…Et lorsqu’il s’agit d’un instrument tel qu’un godemiché, cela prend un autre sens qui fait franchement sourire. A propos d’ailleurs de godemiché, je m’interroge souvent sur cette « mode ». Chez les trentenaires et plus, il n’y a plus aucune honte à posséder un tel objet, qui est devenu d’ailleurs un objet presque culte, à exposer dans son salon. Il suffit de voir les séries « féminines » du type sex and the city qui ont tout fait pour démocratiser cet objet, qui était il y a quelque temps encore tabou.

Les femmes espagnoles ont-elles la même impression lorsqu’elles entendent le mot consoler ? S’imaginent-elles que nous parlons d’un godemiché ? Pour en revenir au faux-amis, de la même façon, enrhumé se dit constipado, ou un truc du style... Et je ne peux m’empêcher de sourire un brin niaisement lorsque je l’entends…