Archives Mensuelles: février 2009

Les couloirs du métro

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mchungry___not_lovin___it_by_flumpieOu du RER… Une balade dans Paris et quelques visions.. Et de nombreuses réfléxions.

Un homme assis, avec une pancarte : « J’ai faim »… Et deux pas plus loin, une affiche représentant un amoncellement de bouffe, pour une quelconque marque… Puis deux pas plus loin, une poubelle qui déborde de détritus, dont de la nourriture à peine entamée… Et pour final, cette pub pour une pièce dont le titre semble m’exploser au visage : « Le comique »…

Comique… Tragique. Décidement, notre société et nos façon de faire me laisse parfois un gout amer. Et le sac pleins de livres qui pend à mon bras pèse soudain trois tonnes, un peu comme ma conscience d’être du bon coté de la barrière.

La fascination de l’horreur

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sprained_minds_by_suzi9mm Photo trouvée sur Devian Art, non libre de droit :

Auteur : http://suzi9mm.deviantart.com/

J’ai vu plusieurs fois cette image en trainant sur Devian art, même pas dans la catégorie horreur et macabre… Cette image m’a troublée, choquée, attirée. Et j’en suis venue à me faire une réflexion à propos de cette nouvelle tendance que l’on rencontre depuis pas mal d’années à présent, à savoir cette débauche de sang, de scène macabre, glauque dans des films où cela ne fait pas forcément avancer l’intrigue… Des scènes de violence gratuite, où l’on voit des gens se faire défoncer le crâne à coup de marteau ou se faire écrabouiller les doigts… On pourrait simplement nous le suggérer, mais cela va en général plus loin… Quand est ce que la violence a envahi nos vies ? Est-ce simplement moi, qui tout à coup, devient plus sensible à ces images chocs ?

En général, la suggestion fonctionne bien avec moi et j’ai du mal lors de scènes où l’on suppose ce qu’il se passe. Mais de plus en plus, les scènes ne font pas que supposer. Gros plan sur l’acteur en train de souffrir, gros plan sur le visage du tortionnaire… Et parfois, plan large sur l’explosion d’hémoglobine…

Pour en revenir à l’image que j’ai choisi, je ne comprends pas cette fascination qu’elle exerce sur moi. Je trouve cette image atroce mais d’un autre coté, je la trouve belle… La composition, l’opposition des couleurs… Tout m’attire et me révulse. Les films d’horreur classiques ne me font pas cet effet. Et cela me rappelle soudain une œuvre que j’avais vu à Londres, où un artiste vider les poubelles de nos salles de bains pour en faire des œuvres d’art. Et dans une des poubelles, trônait un tampon usagé… Un haut le coeur, une révulsion. Pourtant, je n’ai jamais oublié cette oeuvre.  Et finalement, n’est ce pas le but des artistes de faire en sorte que l’on se souvienne de leur oeuvre ? De nous faire nous interroger sur le monde et sur leur oeuvre ?

saturneEt quel est donc ce monde ? Où l’on peut voir des seringues en train de traverser des langues, de voir des têtes éclater ? Mais est-il vraiment si différent de la réalité ? Où est ce que ces oeuvres ne sont que le reflet de la violence de nos sociétés et de l’être humain ? En y réfléchissant bien, l’être humain depuis la nuit des temps est un champion de l’horreur… Il suffit de voir les guerres et les massacres. Et les artistes de tout temps ont retransmis cela…

Goya a fait des oeuvres très noires représentant bien son époque… L’invasion de l’Espagne par Napoléon n’a pas du se faire en douceur, et les oeuvres du peintre (ci-contre, Saturne dévorant un enfant, oeuvre exposée au Prado) démontre bien l’état d’esprit de l’artiste… Lorsque les artistes s’emparent des mots, les oeuvres restent tout aussi violentes. Certains livres décrivent l’horreur avec moultes précisions, que l’on soit dans des oeuvres modernes ou plus anciennes. Il suffit de lire les misérables d’Hugo, ou du Zola…

Finalement, la violence et l’horreur sont présentes depuis toujours, dans des œuvres d’artistes. La photo et les films les rendent simplement encore plus choquantes, plus crues. Est ce que cela aidera à les faire cesser ? Ou bien est-ce naturel et humain d’être fasciné par elles ?

Pourquoi s’interresser aux emmerdeurs ?

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Même le pire des emmerdeurs peut éveiller mon interêt si je suis d’humeur à écouter.

Henry Miller dans Virage à 80

0arpcwcmCette reflexion m’a tout d’abord amusé, puis je me suis dit qu’elle me correspondait parfaitement. Et finalement, j’en suis venue à m’interroger sur les emmerdeurs. Comment définir un emmerdeur ? En vertue de qui ou de quoi, fait-on passer quelqu’un d’emmerdant à interressant ou vice-versa ?
Comme chacun est au moins le con de quelqu’un, il est fort probable que chacun est également l’emmerdeur de quelqu’un… Après, reste à définir pourquoi certains font un consensus… Consensus dans une même « tranche » de population ? Dans une même « bande d’amis », de gens ayant des relations proches et donc une façon de penser commune, et par là-même un intérêt commun ?
Pour ma part, un emmerdeur est quelqu’un qui m’ennuie, qui ne réussit donc pas à éveiller un quelconque intérêt pour moi. Je suis capable de lire tout et n’importe quoi sans m’ennuyer mais il arrive que certaines personnes me tapent sur le système et que je les qualifie d’emmerdeurs. En général, il s’agit d’être sans saveur, systématiquement d’accord avec moi et me laissant discuter sans alimenter un minimum la discussion.
Après, il peut y avoir également quelqu’un qui m’ennuie pour la raison qu’il me contrarie, je vais vraisemblablement le traiter d’emmerdeur, mais j’avoue que cela me fera plus sourire qu’autre chose. Je passerai volontiers du temps avec cette personne. Alors qu’une personne vraiment emmerdante, non.

Faut-il en déduire que pour qu’une personne cesse d’être emmerdante, il faut qu’elle ait un minimum de répondant et de conversation ? Quelqu’un capable d’éveiller notre interêt ? Notre curiosité ? L’éveil… L’action qui signifie passer de l’état endormi à l’état réveillé. Un moment plus ou moins court selon les gens… Mais lorsqu’il s’agit d’interêt ou de curiosité ? De prime abord, on pourrait penser que l’on va être interressé par tout le monde, puisque tout le monde est inconnu et donc à même de réveiller notre curiosité… L’inverse est il vrai ? Lorsque l’on connait suffisament quelqu’un, est ce que cette personne cesse d’être interressant ? Et passe dans la catégorie emmerdeur ? En même temps, peut-on réellement penser que l’on connait parfaitement quelqu’un, au point ou cette personne cesse de pouvoir nous surprendre ? Nous apprendre des choses ? Cesse donc d’être interressant ? Au final, qu’est ce qui est interressant et qu’est ce qui ne l’est pas ? Chaque personne est plus ou moins une énigme, entre les masques et les faux-semblant, chacun se crée une image qui correspond plus ou moins à ce que l’on est, mais je doute que quiconque soit capable de dire de quelqu’un d’autre qu’il la connait parfaitement. Est ce que finalement, ce ne serait pas plus simplement un arrêt de la curiosité à propos d’une personne ? Parce qu’on ne comprend pas ? Ou parce qu’on n’aime pas ? On aime difficilement quelque chose que l’on ne comprend pas et encore moins quelque chose que l’on n’aime pas.  Finalement, l’interêt serait peut-être simplement encore une fois qu’une affaire de sentiment, d’attirance entre deux personnes.

Juste pour le plaisir

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d6smile Parce que parfois il en faut peu pour rendre le sourire. Une présence rassurante, un bon repas et des papotages jusqu’à pas d’heure. Moment toujours trop court et la séparation est toujours un peu douloureuse, mais c’est suffisant parfois pour faire chaud au coeur, pour se rendre compte qu’il y a des gens qui comptent…

Tellement agréable de se rendre compte qu’on a des gens qui comptent pour nous et pour qui on compte. Agréable mais aussi dérangeant. Parce qu’on ne peut pas les avoir toujours avec soi, parce qu’on aimerait bien mais que ce n’est pas possible. Mais finalement, c’est mieux de savoir qu’il n’y a aucune obligation, simplement un choix.

Dégoût

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Dégoût de soi en ce moment… Dégoût des autres aussi… Les faits sont simples.  Je suis partie à un salon, avec deux collègues à moi. L’un d’eux a une réputation qui le précède. J’étais déjà mal à l’aise lorsqu’on m’en avait parlé et même si je me disais que j’allais me faire ma propre opinion, j’avoue que j’appréhendais un peu cela. Finalement, la personne s’est révélée être quelqu’un de très gentil et serviable, rien à voir avec ce que l’on m’avait décrit.

Et au retour, j’ai eu droit à de nombreuses remarques, relativement méchantes sur cette personne. Je ne l’ai pas défendu. Je ne l’ai pas enfoncé non plus, mais je ne me suis pas insurgée, j’ai simplement laissé les autres parler. Et plus ils parlaient, plus j’avais dans ma bouche un gout amer. J’ai agi ainsi pour ne pas faire de vague, parce que ceci ou parce que cela… Mais finalement, cela ne laisse qu’un sentiment mitigé, de honte et de dégoût.

Pourquoi n’ai-je pas réagi ? Pourquoi la seule chose que j’ai trouvé à dire a été : mais si vous avez un truc à lui demander, allez y directement, je ne suis pas là pour parler pour les autres… Une réplique facile, qui ne dénote absolument pas ce que je pense sincèrement. Sincèrement, j’avais simplement envie de me lever de table en leur disant mon dégoût de cette façon de faire, de cette façon de cracher sur les gens. Mais je n’ai rien fait.

Peur des représailles ? Peur de faire des vagues ? Je ne sais même plus. La seule chose qui reste est que je n’ai rien fait de mieux que ces imbéciles que je critique si souvent, j’ai joué le mouton, je n’ai rien dit. Lâcheté ordinaire, dans un monde ordinaire finalement.

Les gens de couleur

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10 Une photo de la Compagnie Ilotopie pour illustrer mon article.

Je discutais avec une collègue à propos de son fils et elle m’annonce que son fils doit dire : gens de couleur au lieu de black, arabe, « toys » … Et je m’interrogeais.

Les blacks préfèrent réellement qu’on les appelle « gens de couleur » ?

Je m’explique également sur les autres mots : arabe pour désigner les gens d’Afrique du Nord, quelque soit leur origine réelle. Aussi appelé « Beurs »…. Et Toy, j’ignore s’il s’agit là d’un nom courant mais c’est ainsi qu’une amie appelait les gens de sa propre communauté. Le nom est resté pour désigner les gens d’origine asiatique en générale. Hormis les indiens.

Revenons à ma collègue qui m’expliquait donc que son fils ne devait pas dire « Black » ou « Noir », mais gens de couleur… Et je me suis fait la réflexion que de plus en plus, il devenait difficile de parler des gens selon leur couleur de peau, sous peine de passer pour raciste. Pourtant, c’est un état de fait. Les gens de couleur n’ont pas la peau blanche… Et je trouve qu’il est beaucoup plus vexant de dire à un black d’origine réunionnaise par exemple qu’il est d’origine gabonnaise, que de lui dire qu’il a la peau noire. Depuis quand les différences sont elles devenues des tabous ?

Est-ce être raciste que de dire que telle ou telle personne est de telle origine ? Pourtant, les origines sont importantes. Il suffit de voir à la pause café les discussions sur les origines diverses des gens : Bretons d’un coté, alsaciens de l’autre… Et cela n’offusque personne. Par contre, dire d’un black qu’il a la peau noire deviendrait presque un crime de lèse-majesté.

Enfant, j’avais demandé en toute innoncence à ma tante si elle était noire parce qu’elle buvait trop de café. Je n’étais pas surprise de sa couleur de peau, mais plus du fait que elle, elle soit noire tout en étant la soeur de mon père. Cela n’avait choqué personne à l’époque… Aujourd’hui, je me demande si on me ferait lui demander pourquoi elle est une personne de couleur ? L’époque a t’elle changé ? Ou est ce vraiment qu’une question de vocabulaire ?

Cette expression me semble bouffie de bonnes intentions… Et d’hypocrisie. Parce que reconnaissons le : les blacks ont une couleur de peau différentes, les arabes également, les toys aussi. Et c’est vraiment raciste que de le dire ? Au passage, la couleur blanche connait également une infinité de variétés, tout comme les autres couleurs. Et je ne vois pas en quoi c’est être raciste que de constater tout cela… Lutter contre le racisme et contre les préjugés doit passer à mon sens par une acceptation des différences. Reconnaitre les différences pour au final se rendre compte que celles-ci ne changent rien. Que quelque soit la couleur de la peau, une fois que celle-ci est retirée, il reste du sang rouge et des os blancs. Rien de plus, rien de moins. Que ce qui différencie un individu d’un autre ne se passe pas au niveau de la peau mais ailleurs. Et qu’il y aura autant d’imbéciles à la peau noire, jaune, caramel que d’imbéciles à la peau blanche… Et inversement pour les gens biens.

Dessins de rue et petites phrases

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2002_1027_181234aa Les graffitis, les tags… Ces petits bouts de phrases, de dessins perdus au milieux de nos villes. Et soudain, une phrase ou deux m’ont fait de l’oeil. De nombreuses personnes râlent contre ces « tags », contre ces destructeurs de murs que sont les taggeurs ou les graffeurs, pourtant certains font des choses assez ahurissantes et jolies.

Je ne montre pas ici ces dessins, de l’art de rue qui embellissent nos quotidiens. Je montre juste ces petites phrases signalant un peu mon état d’esprit du moment…

La première clame haut et fort : « Je n’aurais pas dû sécher mes cours de vie »… Qui n’a jamais eu ce sentiment ? Sentiment d’être paumée, de ne pas avoir été préparée suffisament à la vie. L’impression que parfois tout nous échappe et s’effondre… Y aurait-il une façon meilleure qu’une autre de se préparer aux aléas de la vie ? De pouvoir les affronter sans se sentir dépasser. J’envie parfois ces gens qui donnent l’impression que rien ne les touchent, que rien ne les effraient… Mais dans mon fort intérieur, je me dis également qu’il s’agit d’une façade, d’une simple façon de prendre les choses, de ne pas exprimer leur angoisse…

dscf0044La seconde déclare : « Perdre sa vie à la gagner ». Et on parle ici du travail, de tout ce temps que l’on passe à ne pas vivre mais à travailler. J’en discutais l’autre jour avec un ami à moi. Etrangement, ceci ne me pèse pas. Une sorte de necessité qui ne me déplait pas. J’ai la chance d’aimer mon travail et d’apprécier vraiment ce que je fais. L’impression d’être utile, de ne pas travailler uniquement pour moi ou pour gagner ma vie, mais également pour améliorer les choses. J’ai bien évidemment déjà fait des travails alimentaires, avec pour conséquence l’impression que j’allais mourir d’ennui…
Comment vivre en travaillant dans quelque chose que l’on aime pas ?  Il faut une vie en dehors du travail très riche et épanouissante pour oublier toutes ces heures que l’on passe à faire quelque chose que l’on aime pas… Et même là, c’est bien souvent insuffisant…
Étrangement, on définit également un individu par ce qu’il fait comme travail. C’est d’ailleurs l’une des premières questions que l’on pose à quelqu’un lors d’une première rencontre…  » Et tu fais quoi dans la vie ?  » Un peu comme si la vie se résumait au travail…
Il faut reconnaître que l’on y passe en moyenne 8heures par jour, minimum, sans compter le temps de trajet et tout ce temps où l’on y pense sans y être, où l’on en parle au moment du repas. Le travail insidieusement pénètre nos vie, au plus profonds. Et comment vivre sans travail ? Sans travail, pas d’argent, pas de nourriture, pas de loisirs. Rien de ce qui, dans notre société de consommation fait nos vies. Mais même dans une autre société, où l’argent n’aurait plus cours, il faut tout de même se nourrir. Chasse, cueillette, agriculture. Il s’agit également de travail. Est-il possible de vivre sans travailler ? Il faut obligatoirement que quelqu’un travaille pour pouvoir se nourrir, pour pouvoir se vêtir… Si ce n’est pas nous, il s’agira de quelqu’un d’autre, quelqu’un qui perdra sa vie à la gagner…