Into the wild

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intothewildEtant malade, j’ai tout le temps pour voir certains films que je n’ai jamais pris le temps de voir. Et on arrive à ce film, « Into the wild ». Une vaste fuite en avant, d’un adolescent qui choisit de fuir la société moderne, de tout rejeter en vrac… De partir, à la découverte du monde et de la nature. Une sorte de parcours initiatique qui se termine mal. Très mal.

Plusieurs reflexion, suite à ce visionnage.

L’unique scène de violence du film est du fait des hommes. On voit un homme en frapper un autre. Les scènes où on a l’impression que le héros est vraiment en danger sont des scènes où il est en ville, au milieu de sdf… L’analogie du rat des villes et du rat des champs. Et je me demande encore une fois comment on peut tolérer ceci à nos portes. Comment on peut tolérer que certaines personnes n’aient pas de toit, pas de quoi vivre… Le cas de cet adolescent est particulier, il a lui-même refusé la société, il s’en est enfui, il a jeté son argent pour vivre sa vie sans ce genre de contraintes… Mais il existe tant et tant de personnes qui ne font pas ce choix. Et qui en souffrent. Et qui sont confrontés à ce que je ne pourrais jamais imaginer. Qui tous les jours luttent pour des besoins élémentaires comme manger, boire, se laver… Je ne parle pas des gens en Afrique, mais des gens qui sont en bas de chez moi parfois, ces gens que l’on évite soigneusement, ou à qui on offre une pièce ou une clope du bout du doigt. Des êtres humains qui vivent dans la rue. Comment nos sociétés peuvent tolérer celà ? Comment je peux tolérer cela ? Un sentiment d’impuissance et de rage parfois, mais comme tout le monde, je le noie sous mes propres besoins alimentés par cette société de consommation.

La seconde chose de marquante dans ce film, ce sont les rencontres. Il a eu la chance de rencontrer des gens formidables. Des belles histoires, écrites sur un coin de table. Des liens troublants, des destins qui se croisent. Des mains tendues, sans contre-partie… Et j’aime cela. Cela me réconforte avec le genre humain, de me dire qu’il existe des gens capable d’abnégation, capables d’aider l’autre pour rien. Simplement pour… pour un sourire, un bon moment, pour aider, voilà tout. J’aimerai être de ces gens-là. Des gens biens.

La troisième chose : l’abandon. Il est parti, en colère, pleins de haine contre ses parents. Sans leur avoir rien dit, sans même que ces derniers s’en rendent compte. Combien de fois passons-nous à coté des choses importantes pour les autres ? Combien de fois blessons-nous les gens s’en même en avoir conscience ? Il a agi en égoiste. Parfois, j’ai envie de faire de même. M’enfuir, loin, sans prévenir quiconque. Juste un sac sur le dos, un peu d’argent en poche et mes yeux pour voir. Mais, je pense aux autres. J’imagine la detresse de ne rien savoir. Y a t’il pire détresse que d’ignorer si l’autre est ne serait-ce qu’encore en vie ? Pour un parent, cela doit être la pire des choses. Ne pas savoir si son enfant est vivant ou mort. Et le parcours des parents est significatif. Ce deuil, cette absence, cette perte les rend plus humains, leur fait prendre conscience des choses importantes. C’est effrayant de penser, que pour la majeure partie des gens, il est necessaire de subir une perte pour comprendre où se cache l’essentiel.
Et je m’interroge : suis-je différente ? Ai-je besoin, également, d’une perte pour comprendre ce à quoi je tiens ? Pour faire la part des choses entre le futile et l’essentiel ?

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