Archives Mensuelles: novembre 2008

Les chevaliers du ciel à Paris.

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chevaliers5Sous ce titre franchement minable mais qui a au moins eu le mérite de m’amuser, je veux parler d’une tendance que j’ai pu constater chez certains parisiens. Celle, qui consiste à vivre chez ses parents, à plus de 25 ans. A y vivre, ou à y retourner… Les aléas de la vie, ce genre de chose…

Mais plus qu’y vivre parce que pas le choix, j’ai pu constater aussi la tendance de s’y éterniser… Cela rappelle donc un film que je n’ai pas vu, dont le héros s’appelle Tanguy… Ceci explique donc pourquoi Tanguy et Laverdure s’affiche ainsi comme image.

Je m’interroge. La crise est pour beaucoup dans cette nouvelle tendance mais est-ce aussi simple que cela ?  N’y a t’il pas également un énorme confort à être tranquille auprès de nos parents ? Pas de tracasserie administrative, ou si peu, pas d’appartement à gérer, parfois même beaucoup moins de tâches ménagères… Au final de nombreux avantages et aussi quelques inconvénients… Enfin je suppose. J’aurai vraiment du mal à vivre à nouveau dans ma famille… Des manies se sont installées depuis le temps que je ne vis plus là-bas et je ne regrette pas d’être loin.

Pourquoi autant de gens retournent vivre chez leur parent ? Serait-ce un syndrome de peter pan ? Avec ce refus de vieillir et donc ce refus de s’éloigner de nos parents, nous permettant, au moins lorsque nous sommes chez nous de retrouver l’illusion d’être protéger par nos géniteurs ? Quels avantages ces trentenaires ou presque trouvent-ils à vivre ainsi ?

Des avantages financiers, bien évidemment, mais pour certains, cela n’entre même pas en ligne de compte. Parfois, on me répond simplement que cela fait du bien de se poser au sein de sa famille, de simplement avoir quelqu’un avec soi… Une peur de l’engagement et de la vie de couple ? Une peur du célibat ? S’installer au final avec les siens, en sachant que l’amour qu’ils nous portent ne cessera jamais, quoique l’on fasse ? Même si nous laissons trainer nos chaussettes ? Ou est ce un résumé bien trop simpliste ?

Je m’interroge et je doute réussir à trouver une réponse satisfaisante. Mais finalement, si cela rend tout le monde heureux, pourquoi pas !

Expérience interdite.

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03satanJe viens de voir « L’expérience interdite ». Un vieux film, racontant l’histoire de quatre medecins, tentant de savoir ce qui se cache derrière la mort. Et ce film soulève le sujet des remords, des regrets, ce que nous avons fait enfant qui aujourd’hui, avec notre vision d’adulte nous semble terrible.

Je me souviens, à l’école maternelle, d’une enfant que nous persécutions. Nous lui avions même fait manger des petites baies, que nous pensions à l’époque poison… Et nous ne l’avions plus vu à l’école. Elle n’était plus revenue. J’avoue, bien des années plus tard, avoir été soulagée de la croiser. De constater qu’elle était encore en vie, que nous ne l’avions pas tué.

Les enfants prennent bien souvent un bouc émissaire. Un enfant qui sera mis sur le banc de touche, qui sera exclu des jeux et des discussions dans le meilleure des cas, persécuté dans le pire des cas. Les enfants, réputés innoncents et gentils se révèlent bien souvent de terribles tortionnaires. Et je m’interroge…. Est-ce qu’à l’age adulte, nous changeons ?

J’en discutais justement avec un ami à moi, pas plus tard qu’hier. J’ai été horrifiée et choquée par son histoire. Il est atteint d’un problème à la jambe, qui lui donne une démarche particulière. J’avoue que la première fois que je l’ai vu marcher ainsi, je lui ai demandé ce qu’il avait eu. Et depuis, j’oublie régulièrement qu’il a ce problème, au point où je suis bien souvent à deux doigts de lui demander lorsque je ne l’ai pas vu depuis un moment, pourquoi il boite… Et donc, un homme, pas un enfant, un homme de 25 ans est venu à coté de lui, en imitant sa démarche, avant de lui demander si cela ne le derangeait pas de « marcher comme un handicapé. » J’ai été choquée, horrifiée, en colère… Comment peut-on faire ça ? Pourquoi cette méchanceté gratuite ?

Qu’est ce qui nous fait changer ? Qu’est ce qui nous fait prendre conscience de ces limites ? L’éducation ? La faculté de pouvoir s’identifier à l’autre ? Est ce que réellement nous changeons ? Ou est ce simplement une apparence ?

Pourquoi certains adultes évoluent, prenant conscience de certaines limites à ne pas franchir vis à vis des autres et pourquoi d’autres non ? Est-ce dans la nature humaine d’être cruel envers les autres ? Est-ce une façon de se rassurer sur notre propre existence, de se dire que notre vie finalement est moins noire que celle des autres ? Parce que finalement, nous sommes tous soulagés lorsque nous rencontrons quelqu’un atteint d’une malformation ou d’un handicap quelconque de ne pas être nous même handicapés…

L’alchimie de la chimie.

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Vu comme un grand laboratoire, le monde manquait d’éclat.
Dans Babyji, d’Abha Dawesar

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Tout d’abord, une réflexion, tiré d’un livre. Ce livre est amusant, un peu osé, mais il dépeint la vie d’une lycéenne indienne, dans l’inde moderne… Et cette reflexion m’a interpelé. Tout n’est que chimie. Les émotions, aimer ou ne pas aimer quelqu’un, cela se traduit dans notre corps par des libérations de molécules chimiques.

L’attirance même entre deux êtres n’est qu’une question de phéromones, molécules parlant directement à notre cerveau reptilien, sans que cela soit conscient. Mais lorsqu’on réduit les interactions entre êtres humains à ces simples molécules, à cette simple chimie, cela soulève de nombreuses questions. Pourquoi est-ce que ce n’est pas systématique ? Pourquoi nous trompons nous sur nos relations ? Une variation des phéromones ? Une divergence de compatibilité enzymatique ?

Mais après, qu’est ce qui régit ces fameuses phéromones, ces libérations d’enzymes ? La réponse la plus évident qui me vient à l’esprit est notre code génétique. Et dans ce cas, en poussant la reflexion encore plus loin, j’en viens à me demander si finalement certains n’avaient pas raison, en disant que tout était écrit ? Et si finalement cette destinée toute tracée se résumait en fait à notre patrimoine génétique ?

Bien évidemment, la part environnementale intervient pour beaucoup. Mais si nous pouvions prévoir les réactions de nos cellules, guidées par notre génome, est ce que nous réussirions à prédire l’avenir ?

Est ce que tout peut se résumer ainsi ? Est ce que le monde est vraiment gouverné par la chimie ? Est ce que nous pouvons vraiment résumer nos sentiments par des réactions chimiques ? Ou est ce que cela est un peu plus complexe que cela ? Ou est ce que nous ne sommes tout simplement pas encore apte à comprendre ?

La compréhension.

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Je discutais avec un ami sur la faculté que nous avions tous, lorsque l’on nous dit quelque chose de parfois comprendre l’exact opposé. Je pense être claire en général, lorsque je dis les choses. Il m’est arrivé pourtant que certains de mes anciens amoureux n’aient pas écouté ou n’aient pas entendu ce que je leur disais. Et ils se sont donc vautrés la gueule, parfois avec des bleus. Ou vice versa. Il m’est arrivé de comprendre l’inverse de ce qu’on me disait.. En étant d’une absolue bonne foi, c’est cela le pire… Et donc de me manger une baffe, également. Et je me demandais d’où cela venait…

Ce phénomène se reproduit également en entreprise, d’une façon différente… Ou selon la personne à qui l’on parle, les mots n’auront pas le même sens ni la même signification. Un exemple bête ? La sûreté ! Prononcez ce mot devant un qualitcien, il entendra la sûreté de son produit. Prononcez le devant un ingénieur process, il entendra sûreté de fonctionnement… Prononcez le devant un ingénieur sécurité, il entendra sûreté des installations… Chacun a son propre vocabulaire et cela donne bien souvent des incompréhensions. Outre les mots, les attitudes et les façons de faire diffèrent également.

Et il ne s’agit ici que de travail. Lorsque cette incompréhension s’aventure dans la vie courante, avec les gens que l’on croise et l’on rencontre, cela donne d’autres mésententes, d’autres incompréhensions. Déjà, la différence homme et femme. Certain la nie, pour ma part, je la pense bien réelle. Elle est forgée depuis des siècles, elle nous est inculquée depuis l’enfance. Les hommes ne font pas ceci, ne réagissent pas comme cela, patati et patata. Les codes tendent à changer, mais il n’empêche que cela perdure… A croire qu’il s’agit vraiment de nature profonde. La faculté qu’ont les femmes de partager, de discuter de sentiments, de tout et de rien. On parle de pipelette et c’est un défaut que l’on croise bien plus souvent chez des femmes que chez des hommes…

Et ces incompréhensions continuent selon que l’on vient de tel ou tel milieu, selon notre éducation et notre façon de vivre. Est-ce de là que nait cette faculté à ne parfois pas entendre vraiment ce que dit l’autre ? Ou alors, est-ce que nous désirons tous parfois changer les choses et ne croire que ce que l’on désire croire ?

Changer les choses ? ou Changer l’autre ? En n’entendant pas ses paroles, en lui attribuant nos désirs, ne cherchons-nous pas à le faire changer ? Ne pas se mettre à la place de l’autre, ou supposer que l’autre réagira de la même façon que nous… N’est ce pas une façon de nier sa propre existence, au profit de la notre ? Est-ce que finalement, nous ne chercherions pas tous à tout uniformiser ? A rendre notre existence plus plane et moins dangereuse ?

Babyji d’Abha Dawesar

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babyji114ème de couverture :

Dans une inde encore déchirée par la violence des castes et les sanglantes manifestations contre le gouvernement, Babyji, une petite lolita indienne de Delhi, conjugue la passion du savoir et le plaisir des sens. Entourée de trois femmes que tout oppose, elle cherche sa voie, tiraillée entre un avenir incertain et un passé ettouffant. Au travers du jeu des possibles, Abha Dawesar offre, avec ce roman initiatique délicieusement subversif, un voyage sensible au coeur de l’Inde moderne.

Ce livre, sensible et drole m’a beaucoup plu. Délicatesse, c’est le mot qui me vient à l’esprit lorsque je repense à ce livre. Parce qu’il dépeint une jeune fille lesbienne, ou qui se croit lesbienne, parce qu’il parle toute en allusion des relations qu’elle découvre, rien n’est cru tout est suggeré… Ce livre je l’ai dévoré. Il parle de l’Inde, décrit des coutumes ancestrales et des nouvelles façons de les vivre…

Pas parisienne ?!

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notre-dame

Je vis à Versailles, depuis 3 semaines… Et je pensais vivre à Paris. Et stupeur et surprise, je découvre qu’il n’en est rien. Que je vis en banlieue…

Dans ma jolie province natale, toute l’Ile de France est dénommée Paris, du moins tant que l’on est proche d’un RER ou d’un métro. Mais ici, il n’en est rien. Je me découvre donc banlieusarde… Cela doit faire sourire les parisiens cette remarque…

Pour moi, la banlieue avait un coté très…. très… Pas terrible, quoi. Parce que j’imaginais en disant ce mot des banlieues dortoirs, avec des pavillons à perte de vue et personne dans les rues durant la journée… Ou des tours, immenses et désolées, défraichies, comme il se doit… Et dans cette dernière vision, également une autre vision de voitures volées, détruites, brulées… Et bien, visiblement.. non ! La banlieue, cela peut aussi être des petites villes comme Versailles ou Velizy, toutes tranquilles et mignonnes, bien vivantes…

Et je découvre, en même temps que cela, les désavantages de la banlieue… Des désavantages à vivre à moins de 5 minutes de la presque-campagne ? A avoir un petit appart bien moins cher qu’à Paris même ? Alors que je suis à 5 minutes à pied d’une station de RER… Et bien, oui…

Parce que je me transforme systématiquement en Cendrillon lorsque vient minuit et que je suis sur Paris… Moi qui n’ai jamais eu l’âme d’une princesse, me voilà obligée de m’éclipser en pleine soirée, afin de pouvoir rentrer chez moi… Parce que le RER finit à 00h00.. Evidemment, il existe des bus de nuit mais bon. Un service minimum du RER serait quand même pratique les week-end, ou un dernier RER qui se termine à 1h du mat’…

Je découvre aussi les joies de faire ses courses. Nul supermarché, que des petites supérettes et leur prix exorbitants… Parfait pour une plaquette de beurre, mais impossible d’imaginer d’y faire ses courses régulièrement. Tout un mode de vie à revoir, à repenser. C’est étrange en fait…. J’ai l’impression de devoir réapprendre certains réflexes, certaines choses. En en discutant avec un ami, pur parisien, il m’a lâché un : ben va au resto ou fais toi livrer… Ah, donc, voilà comment on survit à Paris ? On ne cuisine pas ? On vit dehors.

Mais moi, je ne suis pas parisienne, j’avais oublié. Et donc, je dois rechercher un supermarché et faire attention aux jours ou je fais mes courses. Parce que j’ignorais que les vendredi soirs, il fallait compter presque 30 minutes, coincées dans les bouchons, pour espérer rentrer chez moi et finir les dix derniers kilomètres…

Je suis persuadée que dans quelques temps, cet article me fera sourire. J’aurai perdu cet effet oeil neuf, la découverte de cet univers que je pensais connaître. Nous sommes en France, mais tout est différent…

Cache-cache.

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pulcinella1

Je suis une bloggueuse invétérée, qui sème à tout vent mes écrits. Et j’ai trouvé quelqu’un, suffisamment inventif pour retrouver une bonne partie de mes blogs… Et je m’interroge sur l’anonymat sur internet… Non pas que je veuille à tout prix rester anonyme, je crois même que je m’en fous… Simplement, comment, à partir d’un simple pseudo, on peut « tracer » quelqu’un, le retrouver, suivre sa vie et ses délires…

J’ai également fait ma propre recherche. Certains sont bien à moi, d’autres non. Intéressant de rendre compte que dans un lieu aussi grand qu’internet, Google réussisse néanmoins à me croiser, me recroiser et me piéger finalement. Intéressant et un peu flippant. Parce qu’au final, il s’agit d’une personne que je ne connais pas. Je ne donne pas d’informations personnelles, au sens, pas mon adresse ni rien… Mais je donne pas mal de clés pour me comprendre dans mes blogs, surtout si on s’amuse à tout recouper…

Une légende raconte que seulement quatre liens nous séparent de n’importe qui… Par lien, j’entends une personne qui en connait une autre. Et j’en venais à me demander comment cela pourrait être vrai pour moi et par exemple, un africain d’Afrique Noire ? Ou entre moi et les quatres milliards d’indien ? (Quoique, ayant été en Inde, j’ai deja plus de chances que ce soit vrai…) ou entre moi et les chinois ? Le monde est donc aussi petit ? Est ce que Internet a encore réduit les distances entre les gens ?

Pour beaucoup de personnes, Internet réduit les distances mais creuse les différences, accentuant certaines solitudes, créant des fossées, ou certains s’enfoncent. J’ai appris récemment que la mère d’une fille de 25 ans était accro à WOW… Comment une femme de 50 ans peut passer sa vie devant un ordinateur en voulant aller faire raid sur raid, courir après du matos ? Comment un ordinateur peut nous empêcher de vivre réellement ?

Et d’un autre coté, je ne cracherai pas sur cet outil qui m’a permis de rencontrer des gens formidables, des gens qui ont pris une réelle importance dans ma « vraie » vie. C’est simplement troublant de voir à quel point internet est rentré dans nos vies, comment il a réussi à imposer de nouvelles façons de rencontrer des gens et de lier des contacts. Peut-être est ce vraiment plus simple… Peut-être pas. Toujours est il qu’aujourd’hui, il est impossible de passer outre.