L’Inde

Par défaut

Une vision : Desnoke. Le temple des rats.

Un désir, retourner en Inde. Besoin de me ressourcer, de me retrouver. L’Inde, ce pays mythique, magique, où tout est si différent.

Premier voyage, j’avais 24 ans. Je suis partie seule. Je touchais mon rêve : voir l’Inde, voir le Taj Mahal. Je ne suis pas trouillarde, mais c’était mon premier voyage entièrement seule, dans une mauvaise période de ma vie. Ce voyage a très mal débuté et les premiers temps, je n’avais qu’une unique envie : retourner tranquillement chez maman… Et finalement, elle m’a eu… En écrivant cela, je n’ai pu m’empêcher de sourire.

L’Inde est insidieuse. Au départ, j’ai vraiment eu un énorme sentiment de rejet. Je ne supportais plus d’être harceleée par tous les revendeurs à la petite semaine, j’avais la désagréable impression de n’être qu’une roupie sur patte… C’était en fait si différent de tout ce que l’on connait. Il a fallu que j’abandonne ma vision d’européenne pour me faire à l’Inde. Je n’arrive plus à me souvenir de comment cela s’est fait, mais cela s’est fait. La découverte que, bien que les indiens adoooorent nous amener dans les boutiques de souvenirs, il y a quand même moyen de discuter avec eux, qu’ils aiment nous raconter leur pays et qu’ils sont tout bonnement adorables.

Ce premier voyage m’a permis de faire le point. Je sortais d’une rupture, la toute première… Celle qui fait grandir et qui fait mal. Et l’Inde m’a permis de relativiser, de dédramatiser, de renouer avec moi. D’oublier le nous, et de reprendre goût au « je ». Ça ne s’est pas fait sans heurt ni larme. Cela se serait fait ailleurs, mais différemment. L’Inde m’a permis tout simplement en me promenant dans les rues de Delhi, en observant la vie de voir parmis la merde environnante qu’il existait des choses sublimes… L’Inde n’est faite que de contrastes : la lumières, les couleurs, les odeurs, les gens, les attitudes.

Le second voyage a été fait en compagnie de ma mère. Il a été beaucoup plus tranquille, beaucoup moins traumatisant. Je connaissais déjà l’Inde. Pourtant, lorsque je suis sortie seule, de l’aéroport, pour fumer une cigarette, mon coeur s’est emballé. L’Inde tentaculaire était devant moi, elle s’étendait et j’avais peur. Peur et envie d’elle… Me laisser gagner par elle, par sa chaleur, sa nonchalence… Retrouver le goût du chai sur ma langue, ces odeurs et partout, avoir quelque chose à voir et à découvrir.

Je n’arrive pas à définir ce qui me plait autant en Inde. Les contrastes je pense, les surprises… L’impression de ne pas tout comprendre ni tout saisir. Abandonner sa vision d’européenne, ne pas juger… Facile à dire, beaucoup moins facile à faire. On arrive à saisir l’ambiguité des castes, presque à l’accepter. Mais on a envie de se révolter lorsque l’on voit des gamines à peine pubères qui portent dans les cheveux la poudre, signe qu’elles sont mariées. Et on observe les yeux des femmes, qui semblent si tristes par moment…

Je crois que l’Inde apprend à regarder. Je ne regarde plus les gens lorsque je suis en France. En Inde, j’aime me poser, dans un café ou dans un temple et regarder la vie qui passe. Mateuse professionnelle, je pourrais l’être en Inde. Humeuse aussi. Et discuteuse ! J’aime discuter avec les indiens, ces tentatives de discussions lorsqu’une femme ne parle qu’Hindi et moi que français ou anglais. Les sourires échangés, les questions… En France, j’oublie de regarder les gens, de me poser pour réfléchir à leur désir et leur attente. En Inde, je prends le temps de faire cela. Il y a tant à découvrir là-bas, pour me permettre de me découvrir moi-même…

Etrangement, aujourd’hui, je ne trouve plus innaceptable de voir un intouchable balayer avec une mini balayette, parce qu’il signale sa classe ainsi, il le fait volontairement, contrairement à ce que je pensais. Pleins de choses me surprennent, sur l’acceptable et l’innaceptable. Et les limites que m’impose ma conscience et mon éducation sont bousculées… Et j’aime. Je ne porte pas de jugement, du moins j’essaye de ne pas en porter, je cherche à comprendre… Mais c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Parce qu’on juge tout le temps, en un coup d’oeil. Sauf qu’en France, nous avons les même codes, les même façons de voir les choses, du moins en apparence… En Inde, c’est une autre culture, une autre façon de penser, à mille lieux de celle qu’on m’a apprise. Et je dois réfléchir à cela lorsque je vois quelque chose. Et j’aime.

J’ai envie d’y retourner. Envie de me perdre dans Delhi, de me promener, qu »un indien veuille me conduire chez son cousin qui a une petite boutique. Ou qu’un gamin me demande du chocolat et que je m’interroge encore et comment sur le fait qu’en pleins désert, un mome connaisse le chocolat… Ou de me poser dans un temple, en lisant un livre, et que je laisse venir à moi les femmes et les enfants, curieuse de voir une occidentale assise sur les marches à ne rien faire qu’à laisser le temps coulé… L’impression que le temps s’arrête, un bref instant, alors que la chaleur ettouffante me fait chercher ma bouteille d’eau… Envie d’Inde.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s