Archives Mensuelles: février 2008

Goldorak go !

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J’ai été élevée avec Goldorak, Candy et autres joyeusetés de cette époque. Cette époque où l’on regardait Heidi à la télévision, Jacques Martin le dimanche, toute la journée avec l’école des fan : la fin des années 70, le début des années 80 … Punkie Bruster, Arnold et Willie…. Bien d’autres encore.

On se goinfrait de malabars, carambar et autres bonbecks aux gouts d’ester plus chimiques les uns que les autres…

Finalement, les gens de cette époque ont aujourd’hui trente ans et lorsque je regarde certaines émissions, comme l’excellent reportage passé sur canal + : Suck my geek
Je réalise que je suis une geek… Ou une nostalgique.
Et que le temps a beau passé, je ne grandis pas. Je prends de l’age, des rides, ma coiffure change, mes fringues également mais finalement, rien ne change.

Au fond, demeure toujours cette enfant, regardant avec émerveillement les dessins animés de cette époque et guettant fébrile, le mercredi aux environ de 16 heures l’arrivée des Cité d’Or.
J’ai la nostalgie de ces dessins animés, de cette époque sans bien savoir pourquoi. Ils sont ma madeleine à moi. Il suffit de me voir me dandiner en entendant un générique. Ou de me rendre compte que je connais encore le générique de Cat’s eyes par coeur, que je suis incollable sur les paroles de dessins animés. J’assume également mon goût pour les mignonnes petites choses kawaï, les bonbons, les animés japonais fansubés, mon goût pour l’héroïque fantasy et ma faculté à me raconter des histoires…

Je refuse de grandir, effrayée par l’idée d’être adulte. J’ai plus de trente ans et dans ma tête, j’en ai 15… Et encore. Et elles sont nombreuses ces trentenaires à vouer sans honte un culte à Hello Kitty, à oser afficher du rose, des imprimés seventies et à finir par ressembler à des adolescentes alors qu’elles ont largement l’age d’être mère. Et qu’elles refusent de l’être, mère. Parce qu’avoir des enfants, au final, c’est quand même grandir tout d’un coup. Finalement, je me demande ce qui nous attire dans cette époque, est ce que je désirerai vraiment redevenir enfant ?

Non, simplement parfois m’évader des réalités, redevenir entièrement insouciante sans devoir m’interroger sur les factures, les courses et ce genre de choses, nécessaires et obligatoires. En fait, je crois que le nécessaire et l’obligatoire m’effraie. Un syndrome de Peter Pan, sans vraiment l’être complètement… Alors, pour oublier, on se plonge dans un dessin animé et pour un instant, on se retrouve plongé dans le merveilleux.
Finalement, ce n’est peut être que ça… Une simple recherche de rêve.

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La litterature et les donneurs de leçons.

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Ceux qui écrivent clairement ont des lecteurs ; ceux qui écrivent obscurément ont des commentateurs.
Albert Camus
Une vieille manie qui a troublé mes passions de jeunesse. J’ai toujours aimé lire, lire à l’extrème, n’importe quoi et tout ce qui peut me passer sous la main. Et au lycée, on a désespérément voulu m’expliquer pourquoi je devais aimer tels livres ou tels romans… Pourquoi tels autre livre n’était qu’un ramassis d’anneries… Mais qui comment peut on décider ce qu’est un livre à lire, lequel sera un chef d’oeuvre, ou non ?On a toujours voulu m’expliquer le sens caché des mots qu’écrivaient un auteur… Ma version, à savoir, simplement lire ce que l’auteur a écrit noir sur blanc, suivre son histoire n’était pas la bonne paraît-il. Seulement, comment être sûr de ce qu’a voulu dire quelqu’un qui est mort depuis des décénies ?
Lorsqu’il s’agit de philosophes, je le concède, c’est parfois bien utile d’avoir quelqu’un pour nous guider, nous lancer sur une explication mais comment être certain qu’il n’y a pas d’erreurs ? Que c’est vraiment là ce que l’auteur a voulu nous dire ? Et pour un roman ? Pourquoi diable vouloir toujours donner une signification cachée à ce qui est écrit ? L’auteur a écrit souvent quelques pages, en général facilement plus d’une centaine en faisant vivre son récit. L’histoire se déroule au fil des pages, naturellement. Il n’y a qu’à se laisser porter, bercer et à imaginer les lieux, les personnages…
Mais non, il faut qu’un auteur lorsqu’il fait parler son personnage en fait sous-entende quelque chose d’autre. Parce qu’il ne pouvait pas tout dire, parce qu’il y avait la censure, la culture de l’époque… J’avoue, l’explication semble logique mais ces explications ne tiennent plus pour bons nombres de nos auteurs contemporains et pourtant, on continue à essayer de nous expliquer leurs oeuvres, donnant presque à penser que le lecteur est incapable de lire sans une explication de textes conséquente… Les auteurs d’aujourd’hui essayent peut-être de perpétuer cette tradition afin que les professeurs de litterature continuent d’exister dans le futur ?J’ai longtemps pensé que c’était pour paraître intelligents que les professeurs essayaient autant de chercher une explication cachée mais pourtant beaucoup y croient. Ils y croient et essayent également de nous en convaincre. Et si vous n’êtes pas d’accord, c’est que vous ne savez pas. Vous ne comprenez pas la litterature. Vous n’êtes pas fait pour cela. Le jugement est catégorique, sans appel. Les livres, les bons livres dans leur bouche, ne sont pas faits pour vous, de toute façon vous ne les comprenez pas.

Pourquoi ne pas simplement se laisser porter par les mots ? Les histoires ? L’exemple le plus frappant ce sont les poêtes, ces magiciens des mots. Rimbault, Baudelaire… Pourquoi vouloir décrypter ce qu’ils ont écrit ? Pourquoi ne pas simplement se dire qu’ils aimaient la musique qu’ils créaient en faisant chanter leurs mots ?

Cette façon de penser, d’imaginer qu’il y a toujours quelque chose derrière les mots est ancrée un peu partout. Il y a de cela quelques années, j’avais posté sur un forum un pseudo poème, que j’avais écrit parce que j’aimais simplement la façon dont les mots sonnaient… Je vous le livre.

Fille du temps et de la lune, enfant de l’oubli et de la crainte, elle marche. Elle est étrangère à la vie, cette vie qui coule sur elle, l’effleure et la fane, l’ignore et la traîne. Etrangère à la vie, cruelle étrangère, étrange étrangère.

Enfant d’un autre temps, d’un autre espace, elle marche seule, au milieu des êtres et des étoiles, sans attache et sans serment, sans promesse ni don, sans crainte ni espoir. Liquéfaction du temps qui passe et qui s’étiole, entraînant avec lui les paroles des enfants.

Ignorante des instants présents, perdue dans la vie, elle avance à reculons, ramassant les miettes du passé et du futur, grattant et égrenant autours d’elle pour attirer les oisillons du souvenir.

Lueur et splendeur du temps, décadence et soumission, luxure… Folie qui guette, folie qui gagne et flotte, régissant d’un pas incertain les sentiments qui traînent. Vague de tendresse et de haine, incessant va-et-vient des enfant du temps, des enfants de l’oubli.

Et étrangement, ce poème avait sucité des commentaires sur ce qu’il avait voulu dire… Il ne voulait rien dire, rien de particulier sinon que défilé sous mes doigts, au moment ou je l’ai écrit. Je ne suis pas une écrivaine (le féminin de ce mot est vraiment immonde) et pourtant personne n’a simplement pu imaginer que je n’avais rien voulu dire. Peut-être parce que dès que l’on écrit, on va être lu, on communique afin de dire quelque chose aux autres. Simplement se dire que l’autre a voulu partager un petit bout de beauté ne semble pas possible… Il suffit de voir avec quel entrain on essaye de nous expliquer de la même façon les toiles des maîtres de la peinture.