Big Fish

20 10 2009

Big FishUn film de Tim Burton. Mais pas du Tim Burton. Je sais, je suis pas très claire en disant cela mais ce film diffère beaucoup des Tim Burton plus classiques. Beaucoup moins gothique, mais avec une image toujours aussi propre et toujours autant de fantasie.

Il s’agit de l’histoire d’un fils, retrouvant son père et tachant de déméler avant sa mort la vérité dans ses histoires. Le père est un personnage attachant, un conteur, qui mèle sa vie et nous emmene dans des histoires fantasistes.

J’ai aimé la poésie qui se dégageait de ce film. J’ai aimé ce personnage qui enjolive la réalité, qui la rend plus jolie et moins terne. Mais il l’enjolive tellement qu’il réussit à perdre son propre fils dans une autre réalité, à faire en sorte qu’il n’y a plus de communication entre eux.

J’aime les gens capables de faire cela, de raconter des belles histoires. Mais je n’aimerai pas ne plus savoir où s’arrête la vérité et où commence l’imagination.  Ce film n’est pas “grave”, il est simplement poétique.

Néanmoins, il m’a fait réfléchir sur les histoires que les parents racontent aux enfants. Des histoires qui peuvent aller du père Noel, en passant par la petite souris et au lapin de paques… La première fois que l’on se rend compte que les adultes peuvent mentir en fin de compte. Est-ce qu’un enfant est blessé lorsqu’il se rend compte de ce mensonge ? Est-ce qu’il en veut à ses parents de lui avoir raconté des histoires ? Parce qu’il y a cru à ces petites fantasies qui semblent innocentes mais au final il s’agit bien de la découverte que les parents peuvent nous mentir… Et que finalement, ils peuvent le faire sur beaucoup d’autres choses…

Peut-être que les enfants savent déméler le vrai du faux et qu’ils acceptent ces mensonges volontairement… Un peu comme une faveur qu’ils feraient aux adultes. Quand est ce qu’une histoire est acceptable à raconter, à enjoliver et quand est ce que l’on dépasse les bornes ? Est-ce que cela dépend de chaque individu ?

Je n’aime pas les mensonges, mais j’ai tendance à également enjoliver certaines histoires. Voire même, naturellement, je ne me souviens que de certaines parties des histoires, de certains souvenirs, en ayant fait abstraction du reste… Peut-être est ce normal de faire ainsi. Peut-être qu’au fonds, il y a toujours une envie de se raconter des histoires…





Modigliani : le film

30 08 2009

modigliani1 Ce film a au moins le mérite de revenir sur la vie d’un artiste relativement peu connu : Modigliani.

Pour le reste… Il reste un fonds de vérité et beaucoup trop de fantaisies. Ce qui me dérange essentiellement dans ce film est le fait qu’il n’est dit nulle part qu’il s’agit d’une fiction. Certaines toiles, par ailleurs très belles n’existent pas. Voilà comment on se retrouve à chercher une toile d’Utrillo qui n’existe pas. Ou une bataille entre deux artistes qui n’existent pas non plus…

Néanmoins, l’histoire reste agréable, le film également. Les images sont superbes et l’ambiance de l’époque est bien retranscrite. On imagine sans mal ces artistes bouillonnants en train de vivre à Paris. En train de lutter pour vendre leur toile, pour peindre. C’est d’ailleurs cette impression de lutte permanente qui rejaillit de ce film. Et finalement, j’ai bien aimé.





Priscilla folle du désert

16 08 2009

priscilla-folle-du-desert-1994-10-g Je suis décidément d’humeur très gay friendly moi ces temps-ci. Cela m’arrive parfois, lorsque j’ai eu une conversation avec certains de mes amis homo ou lorsque j’ai trop entendu d’homophobie latente…

Donc à l’honneur, un vieux film : Priscilla folle du désert. Des paysages sublimes, trois personnages complètement délurés et attachants et des répliques parfois qui frisent l’absurde. Il s’agit d’un road trip, à travers l’Australie. Des rencontres improbables, avec une scène un peu ahurissante où notre groupe de drag queen fait un spectacle pour une tribus d’aborigènes.

Durant tout ce film, bien peu de violence. C’est rare. Pourtant, elle n’est pas absente. Notamment dans les paroles. On les traite de monstres. Notre société aujourd’hui traite facilement les gens de monstres. Parce que les différences font peur.

En regardant ce film, durant tout le film, je me suis dit : c’est marrant, je connais cet acteur. Je parle d’Hugo Weaving. Avant de réaliser qu’il s’agissait d’un méchant bien connu, dans Matrix. Mr Smith. Lui-même.





Home sweet …

6 06 2009

desert-wadi-rum-229165Hier, comme beaucoup de monde, j’ai regardé “Home”, de Yann Artus Bertrand. Parce qu’il s’agissait de la journée mondiale de l’environnement, j’ai eu au taf également une sensibilisation à l’environnement, puisqu’un audit ISO 14001 se profile à l’horizon. Aucun commentaire à ce propos, je risque de m’agacer sinon.

Donc, durant cette sensibilisation, une simple phrase :

Consommation journalière d’eau potable par un habitant des US : 100L
Consommation journalière d’eau potable par un habitant de Somalie : 5L

La photo ci-contre montre des champs, en plein désert.

Ce film montre une atroce réalité. Des images sublimes mais un profond désespoir finalement. La prise de conscience, pas vraiment nouvelle il faut l’avouer est néanmoins rude. Y-a-t’il une solution pour sauver notre planète ?

Est ce que nous pouvons faire quelque chose pour la sauver ? Et pour nous sauver ?
- Devenir végétarienne, même si avouons le, j’aime un peu trop la viande pour y songer sérieusement. Pourtant, ce simple geste, de cesser de consommer de la viande et du poisson réduirait considérablement les besoins en céréales du globe, et donc les besoins en eau, et donc les besoins en énergie, la pollution des sols etc…
- Réduire ma consommation en bien de consommation courante, comme l’électroménager, les ordinateurs, les voitures etc etc… Difficile vu notre mode de vie d’y songer sérieusement.
- Les petits gestes pour l’environnement, à faire au quotidien. Il me semble si dérisoires… Est-ce que vraiment couper l’eau lorsque je me brosse les dents va changer quelque chose à tout cela ?

mine-charbon-a-ciel-ouvert-301086La polution vue du ciel à quelque chose de poétique. Néanmoins, il s’agit toujours de polution, de poison. De choses qui peuvent tuer l’homme. Mais finalement, cela ne serait pas si grave. 6 milliards. Nous sommes 6 milliards. Et nous tuons une partie, voir totalement la vie sur terre. Mon coté optimiste me fait dire que ce n’est pas si grave et la vie trouvera bien un moyen de s’adapter. Nous aurons disparu et sur les ruines de notre bêtise, d’autres choses se mettront en place. Etrange sentiment que d’avoir peur à la fois du futur et de se dire que finalement, cela serait sûrement mieux.





Eternal sunshine of the spotless mind

16 05 2009

Eternal Sunshine Poster Final 640Je ne suis pas une grande fan de Jim Carrey en règle générale. Mais ce film est néanmoins excellent. Il soulève certaines questions…

Si nous avions la possibilité d’effacer une partie de notre mémoire, le ferions nous ? Cela permet de redemarrer une vie à plat, d’oublier nos souffrances… Une solution rapide et efficace aux peines de coeur. Toutes sortes de peine de coeur. Qu’il s’agisse d’histoire d’amour, de deuil ou d’amitié. Mais je vois ici une forme de lâcheté. Et un terrible oubli.

Prenons le deuil par exemple… Oublier totalement la douleur MAIS également la personne. Plus aucun souvenir de cette dernière. Ni bons ni mauvais. Simplement le néant. Plus rien. Oublier la mort d’un proche afin de ne plus souffrir. Mais c’est également oublier cet amour, oublier tous les bons moments, toutes les joies et toutes ces choses qui nous permettent d’évoluer et de grandir…

Pour les histoires d’amour, cela semble moins dramatique. Mais est ce que cela l’est vraiment ? Les rencontres amoureuses, les histoires, les douleurs surtout bien que désagréables lorsque nous les vivons ont le méritent de nous faire sentir vivant. Qu’y a t’il au final de plus formateur qu’une rupture ?

Nos souvenirs, bons et mauvais nous font avancer. Un enfant apprend de ses expériences. Que se passe-t’il si nous retirons ces souvenirs ? Comment se forger une identité sans souvenir douloureux ? Comment appréhender la vie si nous n’avons pas d’autres repères ? Comment apprécier des bons moments si nous ne connaissons pas autres choses de plus douloureux ?





Into the wild

16 01 2009

intothewildEtant malade, j’ai tout le temps pour voir certains films que je n’ai jamais pris le temps de voir. Et on arrive à ce film, “Into the wild”. Une vaste fuite en avant, d’un adolescent qui choisit de fuir la société moderne, de tout rejeter en vrac… De partir, à la découverte du monde et de la nature. Une sorte de parcours initiatique qui se termine mal. Très mal.

Plusieurs reflexion, suite à ce visionnage.

L’unique scène de violence du film est du fait des hommes. On voit un homme en frapper un autre. Les scènes où on a l’impression que le héros est vraiment en danger sont des scènes où il est en ville, au milieu de sdf… L’analogie du rat des villes et du rat des champs. Et je me demande encore une fois comment on peut tolérer ceci à nos portes. Comment on peut tolérer que certaines personnes n’aient pas de toit, pas de quoi vivre… Le cas de cet adolescent est particulier, il a lui-même refusé la société, il s’en est enfui, il a jeté son argent pour vivre sa vie sans ce genre de contraintes… Mais il existe tant et tant de personnes qui ne font pas ce choix. Et qui en souffrent. Et qui sont confrontés à ce que je ne pourrais jamais imaginer. Qui tous les jours luttent pour des besoins élémentaires comme manger, boire, se laver… Je ne parle pas des gens en Afrique, mais des gens qui sont en bas de chez moi parfois, ces gens que l’on évite soigneusement, ou à qui on offre une pièce ou une clope du bout du doigt. Des êtres humains qui vivent dans la rue. Comment nos sociétés peuvent tolérer celà ? Comment je peux tolérer cela ? Un sentiment d’impuissance et de rage parfois, mais comme tout le monde, je le noie sous mes propres besoins alimentés par cette société de consommation.

La seconde chose de marquante dans ce film, ce sont les rencontres. Il a eu la chance de rencontrer des gens formidables. Des belles histoires, écrites sur un coin de table. Des liens troublants, des destins qui se croisent. Des mains tendues, sans contre-partie… Et j’aime cela. Cela me réconforte avec le genre humain, de me dire qu’il existe des gens capable d’abnégation, capables d’aider l’autre pour rien. Simplement pour… pour un sourire, un bon moment, pour aider, voilà tout. J’aimerai être de ces gens-là. Des gens biens.

La troisième chose : l’abandon. Il est parti, en colère, pleins de haine contre ses parents. Sans leur avoir rien dit, sans même que ces derniers s’en rendent compte. Combien de fois passons-nous à coté des choses importantes pour les autres ? Combien de fois blessons-nous les gens s’en même en avoir conscience ? Il a agi en égoiste. Parfois, j’ai envie de faire de même. M’enfuir, loin, sans prévenir quiconque. Juste un sac sur le dos, un peu d’argent en poche et mes yeux pour voir. Mais, je pense aux autres. J’imagine la detresse de ne rien savoir. Y a t’il pire détresse que d’ignorer si l’autre est ne serait-ce qu’encore en vie ? Pour un parent, cela doit être la pire des choses. Ne pas savoir si son enfant est vivant ou mort. Et le parcours des parents est significatif. Ce deuil, cette absence, cette perte les rend plus humains, leur fait prendre conscience des choses importantes. C’est effrayant de penser, que pour la majeure partie des gens, il est necessaire de subir une perte pour comprendre où se cache l’essentiel.
Et je m’interroge : suis-je différente ? Ai-je besoin, également, d’une perte pour comprendre ce à quoi je tiens ? Pour faire la part des choses entre le futile et l’essentiel ?





Oh Captain ! My captain !

17 12 2008

deadpoetssociety Réplique culte, d’un film tout aussi culte…

Le cercle des poètes disparus. Dead poets society.

Un véritable chef d’oeuvre, qui a réussi à me faire pleurer. Un des rares films dont j’ai préféré le film au livre… Et ma scène favorite, celle ou les étudiants se retrouvent tous debout sur le pupitre, en guise de dernier homage à leur professeur… Libres ou presque.

Dans ce film, le professeur essaye de former des libres penseurs.

Qu’est ce qu’un libre penseur au juste ? Quelqu’un capable de penser par lui-même ? Quelqu’un capable de se détacher des conventions collectives pour vivre sa propre vie ? Sans tenir compte de l’opinon des autres ?

Est-il possible aujourd’hui de s’affranchir du regard des autres ? Je ne pense pas. Notre société est ainsi faite qu’il est impossible aujourd’hui de ne pas sentir sur ses épaules le regard des autres, à bien des propos. Et nous sommes tellement formatés par notre éducation que se créer une propre opinion, une propre idée, une idée originale me semble bien compliqué.

Dans ce film, il s’agit essentiellement de s’affranchir du poids des parents et des traditions. Aujourd’hui, ceci est beaucoup plus simple, du moins dans nos sociétés occidentales, ou les enfants sont presque libres de leur propre choix. Je dis presque, parce que bon nombre de nos choix sont conditionnés par notre éducation, par les notions que nous ont inculqué nos parents ou nos éducateurs, sans que nous en ayant conscience. Nous reproduisons souvent involontairement les modèles de nos parents. Ou nous essayons de nous en détacher au maximum… L’homme serait donc un immitateur ? Dans ce cas, d’où proviennent les évolutions de comportements ? L’apparition, à un moment ou à un autre, d’un homme capable de s’affranchir de ces modèles et d’en créer un nouveau ?

Qu’est ce qui provoque cette impulsion ? Et à quoi reconnait on un modèle nouveau ? Une évolution nouvelle ? Tout semble se faire progressivement, par petits ajouts, sans réels changements par rapport au modèle précédent. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, les parents décidaient de l’avenir des enfants, sans qu’il y ait de révolte possible, ou presque. Ce changement a eu lieu… Mai 68 ? La révolution sexuelle ? Impossible de définir clairement une date de ces changements. Est-on vraiment aujourd’hui libres de nos choix ? En étant adulte ? En étant adolescent ?





Expérience interdite.

23 11 2008

03satanJe viens de voir “L’expérience interdite”. Un vieux film, racontant l’histoire de quatre medecins, tentant de savoir ce qui se cache derrière la mort. Et ce film soulève le sujet des remords, des regrets, ce que nous avons fait enfant qui aujourd’hui, avec notre vision d’adulte nous semble terrible.

Je me souviens, à l’école maternelle, d’une enfant que nous persécutions. Nous lui avions même fait manger des petites baies, que nous pensions à l’époque poison… Et nous ne l’avions plus vu à l’école. Elle n’était plus revenue. J’avoue, bien des années plus tard, avoir été soulagée de la croiser. De constater qu’elle était encore en vie, que nous ne l’avions pas tué.

Les enfants prennent bien souvent un bouc émissaire. Un enfant qui sera mis sur le banc de touche, qui sera exclu des jeux et des discussions dans le meilleure des cas, persécuté dans le pire des cas. Les enfants, réputés innoncents et gentils se révèlent bien souvent de terribles tortionnaires. Et je m’interroge…. Est-ce qu’à l’age adulte, nous changeons ?

J’en discutais justement avec un ami à moi, pas plus tard qu’hier. J’ai été horrifiée et choquée par son histoire. Il est atteint d’un problème à la jambe, qui lui donne une démarche particulière. J’avoue que la première fois que je l’ai vu marcher ainsi, je lui ai demandé ce qu’il avait eu. Et depuis, j’oublie régulièrement qu’il a ce problème, au point où je suis bien souvent à deux doigts de lui demander lorsque je ne l’ai pas vu depuis un moment, pourquoi il boite… Et donc, un homme, pas un enfant, un homme de 25 ans est venu à coté de lui, en imitant sa démarche, avant de lui demander si cela ne le derangeait pas de “marcher comme un handicapé.” J’ai été choquée, horrifiée, en colère… Comment peut-on faire ça ? Pourquoi cette méchanceté gratuite ?

Qu’est ce qui nous fait changer ? Qu’est ce qui nous fait prendre conscience de ces limites ? L’éducation ? La faculté de pouvoir s’identifier à l’autre ? Est ce que réellement nous changeons ? Ou est ce simplement une apparence ?

Pourquoi certains adultes évoluent, prenant conscience de certaines limites à ne pas franchir vis à vis des autres et pourquoi d’autres non ? Est-ce dans la nature humaine d’être cruel envers les autres ? Est-ce une façon de se rassurer sur notre propre existence, de se dire que notre vie finalement est moins noire que celle des autres ? Parce que finalement, nous sommes tous soulagés lorsque nous rencontrons quelqu’un atteint d’une malformation ou d’un handicap quelconque de ne pas être nous même handicapés…